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14 septiembre 2024

Rencontre événement


YouTube - 14/09/2024

Il est l’un des plus grands écrivains hispanophones, membre de l'Académie royale espagnole depuis 2003, Arturo Pérez-Reverte a cependant gardé de son passé de correspondant de guerre le goût du risque et du terrain. Preuve son dernier roman, une histoire d’amour en pleine Seconde Guerre Mondiale au cœur de l’affrontement entre les commandos italiens et les Hommes de la Royal Navy. Arturo Pérez-Reverte, 'L'italien' (Gallimard), traduit de l'espagnol par Robert Amutio. Animation: Olivia Gesbert. Interprète: Rubén Orjales.

https://www.youtube.com/watch?v=FgLC4R-VGfU

03 septiembre 2024

Les confessions d'un romancier de guerre

Entrevista de Isabelle Lesniak - lesechos.fr - 04/09/2024

Lorsqu'on rencontre Arturo Pérez-Reverte à Paris en cette matinée ensoleillée de juin, dans le bureau d'apparat de Gallimard, on ne peut qu'être saisi par le contraste entre la sérénité affichée par le plus lu des écrivains espagnols contemporains et les tourments qui assaillent ses nombreux doubles littéraires. L'oeil rieur et le geste affable, celui qui a toujours reconnu ne pas aimer les interviews se prête à l'exercice avec un intérêt inattendu et une décontraction non feinte. Voilà trois bonnes décennies que l'homme né en 1951 à Carthagène -au sud-est de l'Espagne- s'épanouit dans le métier de romancier après "être allé à la guerre pendant vingt-deux ans" comme correspondant pour le quotidien 'Pueblo', puis la chaîne de télévision TVE. Entre 1973 et 1994, il a couvert une vingtaine de conflits: Chypre, l'Erythrée, le Liban, les Malouines, le Salvador, le Nicaragua, le Tchad, la première guerre du Golfe, la Croatie et la Bosnie. "Quand mes personnages tuent, torturent, trompent ou mentent, ce n'est pas de l'imagination mais mes souvenirs", glisse-t-il entre deux réflexions, plutôt pessimistes, sur la marche du monde. 

Premier opus publié par Gallimard, après trente ans de publications au Seuil, 'L'italien', "un livre d'amour, de mer et de guerre, de trahison et de fidélité", paru mi-août en français, repose une nouvelle fois sur une intrigue militaire. Il relate un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale: les opérations de sabotage menées en 1942 et 1943 par des plongeurs italiens contre les navires alliés dans le port de Gibraltar et la baie d'Algésiras. Le narrateur n'est autre qu'un journaliste d'investigation espagnol qui, quarante ans plus tard, retrace le plus objectivement possible ces événements réels, mais totalement oubliés des annales. Quand l'un des témoins qu'il interviewe lui demande pourquoi en faire un roman et non un livre d'histoire, le personnage répond que "l'époque de sa fidélité à ce qui avait eu lieu était révolue" après plus de vingt ans comme reporter. "À présent, je récréais le monde à ma façon et j'offrais aux lecteurs des vies alternatives, possibles ou probables, avec la certitude que, paradoxalement, la fiction permettait de pénétrer plus profondément dans ce qui était arrivé que le simple récit des faits".

La littérature c'est plus forte que le reportage pour rendre compte des tribulations de la planète et alerter les opinions? "Le romancier, aussi honnête qu'il soit, ne pourra jamais remplacer l'historien", expose Perez-Reverte dans un français riche et imagé, appris en Afrique ou au Liban à force de côtoyer des militaires et des journalistes hexagonaux. "Mais il le complète en racontant les faits d'une manière plus accessible et attractive et en introduisant des facteurs humains qui améliorent la compréhension des choses".

Membre de l'Académie royale en Espagne et chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France, il confie en avoir plus appris sur notre pays "ma deuxième patrie" en lisant, enfant, 'Les trois mousquetaires' et 'Le comte de Monte Cristo' qu'en se plongeant dans les manuels. "Prenez Napoléon: les historiens le présentent comme un homme intelligent, courageux, ambitieux qui s'est façonné avec le pouvoir", explique le romancier, également auteur d'une 'Histoire de l'Espagne' iconoclaste et ludique compilée à partir de ses chroniques dans la presse dominicale. "Mais l'écrivain peut compléter le tableau en imaginant comment il réagirait dans certaines situations, comme Marguerite Yourcenar l'a si bien fait avec l'empereur Hadrien". La référence à Napoléon n'est pas choisie au hasard. Pour lui, le Premier Empire est "une affaire de famille". Le grand-père de son arrière-grand-père, Jean Gal, était français et a combattu à Waterloo avant de s'établir en Espagne. Dans le bureau où Perez-Reverte s'installe pour écrire à 8 heures pétantes chaque matin, après sa séance de natation, trônent un buste de Napoléon, un sabre de hussard et la médaille de Sainte-Hélène de son aïeul. La moitié des quelque 30.000 ouvrages de sa bibliothèque sont des manuels d'histoire. Ils stimulent son inspiration et lui fournissent les précisions qui enrichissent ses fictions historiques à la fois follement romanesques et minutieusement documentées, au registre de langage constamment renouvelé.

Pérez-Reverte organise ses récits de manière aussi disciplinée qu'il préparait, dans son ancienne vie, ses reportages sur la ligne de front, décortiquant au préalable les cartes routières et ingurgitant tout ce qu'il pouvait sur les parties prenantes pour affronter au mieux le danger. "Comme le narrateur de 'L'italien', je suis un écrivain professionnel, pas un artiste", explique-t-il. "Pour réussir à capter efficacement l'attention du lecteur sur 400 pages sans le décevoir et, je l'espère, en lui apprenant des choses, il me faut résoudre des problèmes techniques et recourir à des trucs narratifs. Cela ressemble aux combinaisons tactiques du jeu d'échecs". Exposé très jeune aux textes latins et grecs par son père, puis insatiable lecteur de la littérature espagnole du XVI au XVIII siècle et des grands classiques du XIX et XX, Pérez-Reverte se dit fermement convaincu du pouvoir de la littérature. À la fois comme "analgésique" et comme grille de décryptage du monde, capable d'expliquer la plupart des tragédies et de mieux "les faire digérer" à leurs protagonistes.

À l'instar de celui de sa série la plus connue, le capitaine Alatriste, qui sidère ses compagnons en sortant au milieu de l'enfer des assauts turcs un recueil de don Francisco de Quevedo qu'il transporte dans sa besace "pour supporter des jours comme celui-ci", lui se recroquevillait avec son exemplaire de Plutarque qu'il relisait à la lampe de poche dans le recoin de sa chambre d'hôtel le moins exposé aux bombardements lors de la guerre en ex-Yougoslavie. "Les philosophes classiques considéraient la guerre comme la mère de toutes les choses. Tous les livres que j'ai lus avant, pendant et après mes missions ont contribué à faire de ma vie un terrain moins tourmenté", expose celui qui, en guise de profil sur X, assure "n'avoir aucune idéologie mais posséder une bibliothèque". "Je plains ceux qui ne peuvent compter sur ce gilet de sauvetage comme mon cameraman Marquez, qui vivait un enfer sur le champ de bataille". Malgré son apparente quiétude, l'ex-reporter continue d'être périodiquement visité par des fantômes. "À Sarajevo, je me suis retrouvé à côté d'un petit garçon de l'âge de ma fille victime d'une bombe. Je l'ai emmené à l'hôpital à cinq kilomètres de là, appuyant sur ses blessures avec des Kleenex pour tenter d'empêcher son sang de s'écouler. Il est devenu froid, puis il est mort dans la voiture. J'avais la chemise toute rouge et, pendant plusieurs jours, je n'ai pas réussi à me débarrasser de son sang sous mes ongles. J'en ai encore rêvé il y a quelques jours".

C'est précisément dans les Balkans, à Mostar, qu'il décida de quitter le journalisme à Noël 1993, comme il le raconte à la fois dans un récit très autobiographique, 'Territoire Comanche' (publié en 2022 aux Belles Lettres, dans la Collection Mémoires de guerre) et dans l'une de ses plus profondes fictions, 'Le peintre de batailles', sorti en 2006 au Seuil. Andrés Faulques, son énigmatique double, a troqué la photographie de guerre pour le muralisme après avoir vécu un drame en ex-Yougoslavie. Il s'est retiré du monde pour accomplir la fresque définitive embrassant trente ans de conflits à partir des "souvenirs, situations et vieilles images qui constituent son cerveau et s'éteindront en lui et avec lui à l'heure de sa mort. Durant la première guerre du Golfe déjà, j'avais déjà pressenti que le reportage de guerre ne servait à rien. Quand je suis arrivé en Croatie, ce sentiment s'est confirmé. Mes sujets pouvaient passer après un match entre le PSG et le Real Madrid. Je devais me battre pour que mes images de terreur et de mort figurent au journal télévisé alors que ma direction les trouvait trop dures. Pourquoi aller sur le terrain si c'est pour en taire l'horreur?".

Juillet 1974: la Turquie envahit Chypre. Arturo Pérez-Reverte est correspond de guerre et couvre l'offensive militaire, son baptême du feu. Qu'il est loin, le jeune étudiant en sciences politiques débarqué au Liban peu après la guerre du Kippour d'octobre 1973 qui s'imaginait "pouvoir changer le monde" avec ses articles. Arturo n'avait que 22 ans lorsque, engagé dans de premiers combats de rue à Chypre au printemps 1974, il comprit que la guerre n'avait rien de romantique. "Si l'on m'avait tué au Salvador ou au Liban, j'aurais encore eu l'impression que ma mort avait servi à quelque chose. Quand j'ai compris à quel point c'était faux, je me suis dit que ce n'était pas la peine de sacrifier ma vie pour rien". Il n'aimerait pas être un jeune journaliste dans "notre monde d'informations jetables. Une image, une phrase, un tweet peut faire changer l'opinion. Et les gens ne font plus d'effort pour approfondir l'information qu'ils consomment comme une distraction sur leur canapé".

Plus que la guerre elle-même, ce sont les gens en guerre qui ont marqué le romancier et continuent inlassablement de l'inspirer. Lui qui a côtoyé les hommes dans des circonstances extrêmes décrit sans manichéisme des personnages "ni blancs ni noirs, ni rouges ni bleus". Tout comme Lorenzo Falcó, son James Bond au service des franquistes, Teseo, le plongeur de 'L'italien', a beau appartenir au clan des ennemis, il n'en fait pas moins preuve d'un sens de l'honneur remarquable en dépit du contexte. L'ex-reporter a souvent été le témoin de la transformation "de héros en salauds". "Au matin du 7 avril 1976, je suis entré dans la ville de Tesseney en Erythrée avec 600 ou 700 membres du Front de Libération. Les guérilleros m'avaient soigné d'une sévère dysenterie, ils se sont battus dans les rues avec un courage exemplaire. J'étais sur le point de les considérer comme des amis mais ils se sont, l'après-midi même, mis à torturer et violer". Ce qu'Arturo Pérez-Reverte a surtout retenu de la guerre, c'est qu'elle est "une formidable école de relativité". 

https://www.lesechos.fr/weekend/livres-expositions/litterature-arturo-perez-reverte-les-confessions-dun-romancier-de-guerre-2116801


26 agosto 2024

"L’homme n’est pas aussi intéressant que la femme"

Entrevista de Bertrand Bouard - lexpress.fr - 27/08/2024

"Excusez mon français, il est un peu brutal", sourit Arturo Pérez-Reverte, avant d’expliquer avoir essentiellement appris la langue de Molière auprès des "chauffeurs de taxi et des soldats" côtoyés lors de ses années de reporter de guerre. En définitive, le français du prolifique auteur espagnol, qui a redonné ses lettres de noblesse au roman historique, se révèle de bonne tenue et sera usité tout du long de l’entretien accordé à l’occasion de la publication de son 29ᵉ roman, 'L’italien'. Ce récit d’aventures situé à Gibraltar en 1942 et 1943 est le premier à paraître chez son nouvel éditeur français, Gallimard, qui s’apprête également à republier en poche la plupart des titres de son œuvre ('Le tableau du maître flamand', son premier best-seller, paru en 1990, est déjà disponible). Son nouvel opus relate la dangereuse connivence entre une libraire espagnole, Elena Arbués, et un plongeur de combat italien, Teseo Lombardo, chargé d’envoyer par le fond les bâtiments de la Royal Navy. Au-delà des scènes d’action au réalisme impeccable dans les profondeurs de la baie d’Algésiras, fruit d’une documentation minutieuse, le récit creuse les thèmes chers à l’auteur, le courage, fût-il irrationnel, la relation entre la vie et les livres, les amours et leurs implications irrévocables, toutes choses aboutissant à une réflexion sur les notions d’héroïsme et d’honneur, chères à ce grand lecteur de Joseph Conrad. 

—Comment l’envie d’un nouveau livre survient-elle?

—Il y a plusieurs sortes de romanciers. Pour ma part, j’ai toujours eu beaucoup d’histoires dans la tête, dès mon plus jeune âge. Je regardais des films à la télé, au cinéma, je lisais des livres, je me déguisais, je jouais avec des amis, des frères, j’ai toujours eu une disposition pour inventer des histoires. Quand je me suis lancé dans le journalisme, c’était pour vérifier si la réalité allait correspondre à ce que j’avais lu dans les livres: si je trouverais des filles, des héros, des méchants qui ressembleraient à ceux des romans. Et maintenant que j’ai 72 ans, j’ai toujours la tête remplie d’histoires, et ce que j’ai lu, ce que j’ai vécu et ce que j’imagine se mélange. Alors, un jour, quelque chose de quasi mystique se produit, une fille qui passe, un ami qui prononce une phrase, une musique, une lecture active cette partie de mon cerveau et va déclencher le roman. Cette fois, l’idée qui m’a guidé, c’est la façon dont le regard d’une femme construit le héros. L’italien est un soldat, il ne dit rien d’intéressant, il n’est pas cultivé, ce n’est pas un intellectuel, mais il est beau et il est courageux. Elena, en revanche, a lu, elle connaît L’Iliade et l’Odyssée, c’est elle qui fait la projection sur lui et construit le héros. L’homme n’est jamais un héros complet s’il n’y a pas une femme qui le regarde. Tel était le point de départ. Je raconte ce que j’ai vécu et ce que j’imagine. C’est pourquoi je ne me considère pas comme un artiste, à la manière dont pouvait l’être mon ami Javier Marías, qui vivait la littérature de façon intellectuelle, à partir d’un monde intérieur: moi, je suis un artisan. 

—Le sens de l’honneur est partagé par nombre de vos personnages, mais un honneur très personnel, en vertu duquel on rend des comptes essentiellement à soi… 

—En effet, et il y a plusieurs raisons à cela. Je viens d’une famille où ce mot, "honneur", avait un certain sens. Il signifiait le panache face à l’adversité. La parole donnée était importante. Quand j’étais enfant, si je donnais ma parole d’honneur et que quelqu’un se moquait de moi, je me battais… Je la donne encore aujourd’hui mais plus grand monde ne le fait. [Rires.] Ensuite, les lectures. Petit, j’ai lu 'Les trois mousquetaires', un récit dans lequel l’honneur, la loyauté, la fidélité aux principes, à la patrie, aux amis, importent… Idem dans les films que j’ai pu voir enfant. J’avais donc été élevé pour être un gentleman, et quand je me suis retrouvé plus tard dans des situations qui entraient en contradiction avec ces valeurs, j’ai toujours eu comme refuge de me demander quelles étaient les choses qu’on ne pouvait pas faire et celles qu’on devait faire. Car tu es ton propre témoin, et un jour tu risques de regretter certains choix.  Comme tous les citoyens de ma génération, j’ai été élevé dans des mots grandiloquents comme "patrie", "honneur", "drapeau", "religion", "Dieu". La vie réelle a eu tôt fait de les anéantir. Et quand ces grands mots ont été détruits, il convient de construire ses propres règles. Ça a été mon cas et c’est celui de la plupart mes personnages. Ils ont dû renoncer à une idéalisation du monde et développer des règles personnelles dans lesquelles se réfugier.  

—Cela vous vient-il aussi de la lecture de Conrad? 

—J’ai lu 'La ligne d’ombre' quand j’avais 15 ans. J’étais lié à la mer depuis mon plus jeune âge: mon père, ingénieur, voyageait à bord de pétroliers dans les pays producteurs, ses amis étaient capitaines de marine, mon oncle était aussi dans la marine, mon grand-père a été marin de guerre… Quand j’ai lu Conrad, c’était comme s’il parlait de moi, je n’étais pas un témoin, mais un protagoniste de tout ce qui arrivait à Lord Jim, à Marlow… Il y a des auteurs auxquels je dois beaucoup: Dumas, Stendhal, Chateaubriand, Barjavel, Montaigne, Dostoïevski, Scott Fitzgerald, mais peu à peu ils sont restés derrière moi, ils m’ont donné tout ce que je pouvais prendre d’eux, je les ai pressés comme des citrons. L’unique qui vit toujours avec moi, c’est Conrad. Il y a deux semaines, j’ai relu pour la dixième fois 'La rescousse', toujours avec la même humilité, je prends des notes, je repère des choses que je n’avais pas encore vues… Dans mon bureau, j’ai une photo de lui, ainsi que sur mon bateau. Conrad, c’est un ami. Lui a passé trente ans en mer, moi vingt à couvrir la guerre [avant de devenir écrivain]. J’ai une bibliothèque avec 300 de ses livres, biographies, correspondance, dans toutes les langues. Un ami a récemment refait la traduction espagnole d’'Au cœur des ténèbres', et aucune traduction du premier paragraphe n’était correcte, car la manœuvre que décrit Conrad exige de connaître très bien le monde marin. Mon ami a sollicité mon aide, et j’ai proposé une autre traduction. Je suis fier de ça… 

—Vos personnages féminins sont très forts, indépendants, des femmes puissantes, pourrait-on dire… 

—Je crois que tout commence avec Dumas. Je lis 'Les trois mousquetaires', et je tombe amoureux de Milady, une femme qui se bat seule contre le monde des hommes. Ma conception selon laquelle la femme est un soldat perdu en territoire ennemi vient de là. Elle a marqué ma vie. Je n’ai eu de cesse de chercher des Milady, j’en ai même épousé une… [Sourire.] L’idée de la femme face à un monde hostile est là depuis le début. Et je n’ai cessé de l’approfondir, cette idée, dans mes romans, comme 'Le tango de la vieille garde'. L’homme n’est pas aussi intéressant que la femme. Même la femme la plus heureuse en apparence a des recoins de solitude, d’obscurité. En Espagne, j’ai subi récemment une campagne de féministes, par rapport au langage [NDLR: il a pris position contre l’écriture inclusive]. Moi, j’ai besoin d’un outil professionnel efficace, je ne suis pas prêt à me laisser emmerder pour des conneries qui n’ont rien à voir avec la langue. Mais tous ceux qui lisent mes romans savent que les femmes y sont très puissantes, en contrôle de leur existence. Dans 'L’italien', Elena devient une héroïne par défi.  

—Vous êtes un grand collectionneur de livres, comment voyez-vous son avenir? 

—Je ne suis pas bibliophile, j’ai des livres pour les lire. Il y a une vraie contraction des lecteurs. L’édition espagnole de 'La Reine du Sud' [2002] s’était vendue à 800 000 exemplaires en un an; aujourd’hui, si je parviens à franchir la barre des 200 000 ou 300 000 exemplaires, c’est un exploit. Et encore, je suis un écrivain privilégié. Le livre tel qu’on le connaît va exister encore dix ou vingt ans, et ce sera un objet pour les élites. Mais ça n’a aucune importance. L’être humain, du jour où il affrontait des mammouths, a toujours raconté et écouté des histoires. Cela élève, amuse, et cela va continuer, mais les supports seront différents. Le livre comme objet de lecture est déjà mort. Pour moi, c’est trop tard, je ne vais pas essayer de m’adapter, je descends à la prochaine…

https://www.lexpress.fr/culture/livre/arturo-perez-reverte-lhomme-nest-pas-aussi-interessant-que-la-femme-ZSX7OGNGP5GBXDZMMXOZI2ZPOM/

27 abril 2024

Alfonso Escuadra presenta 'Sufficit animus' en Madrid con Arturo Pérez-Reverte entre el público

europasur.es - 27/04/2024

El historiador linense Alfonso Escuadra, colaborador de 'Europa Sur', acaba de presentar en Madrid su último libro, 'Sufficit animus', sobre las misiones de la Decima Flottiglia MAS, un puñado de jóvenes italianos valerosos y decididos que lucharon contra la marina inglesa hasta el mismo interior de sus bases. Entre los asistentes se encontraba el escritor, periodista y académico español Arturo Pérez-Reverte.

En su intervención, Escuadra reconoció que 'Sufficit animus' posiblemente nunca habría visto la luz sin el antecedente de 'El italiano' (2021), una de las últimas novelas del escritor cartagenero. "Siempre he pensado que para dar a conocer lo ocurrido en la bahía de Algeciras y el puerto de Gibraltar durante la Segunda Guerra Mundial hacían falta una buena novela y una buena película. En este sentido, no se puede dudar que Pérez-Reverte ha facilitado ambas cosas". Y añadió: "Por ello, sólo queda confiar en que algunos de sus lectores se sientan empujados a saber algo más de la realidad que sustentaba su exitosa ficción de amor y guerra y de los que fueron sus verdaderos protagonistas". 

La obra de Escuadra, que fue publicada en entregas semanales por este diario entre julio de 2022 y julio de 2023, ha sido el eje de un interesante acto este viernes en el Centro Cultural de los Ejércitos, también conocido como el Casino Militar, situado en la Gran Vía de la capital, con la ayuda de la Fundación Don Rodrigo para el estudio de la Historia. Otro colaborador habitual de 'Europa Sur', Alberto Pérez de Vargas, moderó la presentación.

"Durante la Segunda Guerra Mundial, el control del Mediterráneo constituyó un objetivo estratégico de primera importancia. En la batalla que enfrentó a italianos y británicos por el dominio de sus aguas, la Regia Marina intentó compensar su relativa debilidad frente a la Royal Navy recurriendo al empleo de unos innovadores medios de combate naval. Eran los llamados medios de asalto submarino, entre los cuales se contaban unos incipientes buceadores de combate y los llamados torpedos de marcha lenta o maiali. En realidad, más que un torpedo, se trataba de una especie de submarino en miniatura, a lomos del cual dos aurigas intentaban penetrar en los puertos enemigos, aproximarse en inmersión a los buques de guerra y fijar una potente carga explosiva bajo su casco".

Así comienza Alfonso Escuadra 'Sufficit animus', donde tras una investigación de años cuenta en boca de los protagonistas, con los que se entrevistó en varias ocasiones, las acciones de una flotilla que tuvo como escenario las aguas de la bahía de Algeciras y el puerto de Gibraltar; "una base naval que pasaba por ser una de las mejor defendidas y sobre la que, junto a Malta y Alejandría, se sostenían las rutas de suministro que a través del Mediterráneo unían Gran Bretaña con su Imperio. Era además el fortificado hogar de la Fuerza H, la potente escuadra que permitía a los británicos ejercer su dominio sobre el Mediterráneo Occidental".

https://www.europasur.es/campo-de-gibraltar/Alfonso-Escuadra-Sufficit-animus-Arturo-Perez-Reverte_0_1897610908.html

02 febrero 2023

Villa Carmela y los espías italianos: Puente Mayorga estrena su propio paseo literario

8directo.com - 02/02/2023

San Roque ha estrenado hoy, jueves, su segundo paseo literario, tras el gran éxito obtenido por el que se desarrolla en Guadarranque y con Rosalinda Fox de protagonista. Se trata de “Historia de espías: Villa Carmela y 'El italiano'”, y se centra en las labores de espionaje que se llevaron a cabo desde dicho edificio municipal de Puente Mayorga, que hoy en día alberga un centro de terapia ocupacional que gestiona Asansull. Esta actividad es una iniciativa de la Red de Bibliotecas, que dirige la teniente de alcalde Mónica Córdoba, quien además es responsable del Área de la Bahía. Junto a ella participaron en este nuevo paseo literario el alcalde, Juan Carlos Ruiz Boix, la edil Belén Jiménez, la presidenta de Asansull, María Luisa Escribano, y la directora del centro, Estela Ríos, así como integrantes de colectivos de la zona y socios del Club de Lectura y de la Asociación Amigos de la Biblioteca.

Esta actividad tiene su origen en un libro: 'El italiano', de Arturo Pérez-Reverte, que narra las operaciones de espionaje y sabotaje llevadas a cabo en la zona por militares de dicha nacionalidad durante la II Guerra Mundial, pero se completa con la rica historia de Villa Carmela, que fue también templo masónico y sufrió incluso un bombardeo. La idea es que de los asistentes de hoy parta el “boca a boca” que anime a más personas a sumarse a esta nueva actividad, aunque hay que señalar que ya están completos los cupos para las dos próximas citas. Se encarga de las explicaciones la escritora sanroqueña Mariángeles Chozas, quien también ha realizado la investigación previa junto al coordinador técnico de Bibliotecas, José Antonio Corral. Asimismo, se ha contado con la información aportada por el investigador Alfonso Escuadra, en especial en lo relativo a las vivencias de Conchita Peris del Corral, la esposa de “el italiano”, el ingeniero Antonio Ramognino.

El paseo literario se desarrolla por los jardines que rodean Villa Carmela, donde se han dispuesto tres grandes paneles informativos sobre la labor de espionaje que realizaron los italianos en la zona durante la II Guerra Mundial. Además, se han instalado otros dos paneles al final del recorrido con multitud de fotografías. En la cita de hoy se ha contado con la participación de dos actores que encarnaban a la pareja protagonista, así como de varios usuarios del centro ocupacional, que hicieron de figurantes en distintas escenas.

Una vez realizado el paseo literario, el alcalde entregó a María Luisa Escribano un detalle en el que se recuerda la colaboración de Asunsull en esta actividad. Felicitó Ruiz Boix al equipo de la Red de Bibliotecas por su trabajo e hizo un recorrido por sus recuerdos de infancia, cuando saltaba con sus amigos la valla de Villa Carmela para bañarse en la piscina. El primer edil también se refirió a los más de diez años de funcionamiento de este centro de estancia diurna para personas con discapacidad, y destacó la “calidad humana” del equipo que lo gestiona. También explicó que dentro de pocos días se pondrá la primera piedra de la nueva residencia de mayores de Puente Mayorga, que se ubicará en Huerta Carrasco, una inversión municipal de dos millones de euros para 30 personas usuarias.

En su intervención, Mónica Córdoba agradeció a Mariángeles Chozas su gran trabajo, porque no sólo ha utilizado el libro de Pérez-Reverte, sino también artículos de Escuadra y ha entrevistado a personas que habitaron la casa y también a vecinos de la zona. También mostró su agradecimiento a Nadia y David, los dos actores que han encarnado al matrimonio Ramognino, así como a los usuarios de Asansull que han participado como figurantes.

Por su parte, María Luisa Escribano destacó la “dedicación” del equipo que trabaja en Villa Carmela, y agradeció al Ayuntamiento de San Roque “porque creyó en nuestro proyecto”. Dijo que, después de los trabajos de adaptación que fueron necesarios para su puesta en marcha, se consiguió un centro “que es una maravilla”. Además de la Red Municipal de Bibliotecas, colaboran en esta actividad la Delegación de Obras y Servicios, que ha acondicionado la zona, así como la empresa municipal Multimedia, que se ha encargado de la cartelería, paneles, fotografías...

Las personas interesadas en reservar plaza para acudir a próximos paseos literarios, podrán hacerlo a través de la Biblioteca de San Roque, al teléfono 956 780 106, extensión 2112. Hay que apuntar que, en todo caso, se siguen celebrando los paseos “El tiempo entre costuras”, sobre la espía británica Rosalinda Fox.

https://www.8directo.com/san-roque/villa-carmela-espias-italianos-puente-mayorga-estrena-su-propio-paseo-literario_600907_102.html

11 julio 2022

Cattleya llevará 'El italiano', de Arturo Pérez-Reverte, a miniserie


Varios medios - 11/07/2022

Cattleya Producciones, productora especializada en la creación de series y películas de ficción, que forma parte de ITV Studios, ha adquirido los derechos audiovisuales de la novela 'El italiano', de Arturo Pérez-Reverte, que adaptará a la televisión en formato de miniserie, con guion de Beto Marini.

El proyecto está liderado por Arturo Díaz, director general y productor ejecutivo de Cattleya Producciones y Ricardo Tozzi, fundador y presidente de Cattleya. En su anterior etapa en Netflix, Díaz ha participado en calidad de ejecutivo de contenido en más de 30 series de televisión producidas en España, Estados Unidos y Latinoamérica, como 'Las chicas del cable', 'Élite' o 'El robo del siglo', entre otras. Tozzi está al frente del área de contenidos de la italiana Cattleya, y ha producido más de 70 películas y series como 'Romanzo criminale', 'Gomorrah', 'Suburra', 'ZeroZeroZero' o 'Summertime'. Cattleya Producciones ya está trabajando en el elenco internacional de actores que darán vida a los protagonistas españoles, italianos e ingleses de esta historia.

“Cuando leímos 'El italiano' fue imposible no imaginar una serie de televisión. Arturo Pérez-Reverte nos transporta a un momento y lugares únicos, nos enamora con sus personajes, y nos sorprende y emociona a partes iguales. Podemos sentir el peligro de ser un buzo de combate, la tensión de ser un espía cruzando una frontera, y sobre todo la pasión de dos personajes llenos de matices. Queremos hacer de 'El italiano' una serie internacional, ambiciosa, a la altura de un autor que representa a España en el mundo”, comenta Arturo Díaz, director general de Cattleya Producciones.

“Es una apasionante historia de aventuras, amor y espionaje, ambientada en un lugar poco convencional, Gibraltar, territorio británico que se vio afectado por la Segunda Guerra Mundial al hacer frontera con España, un país neutral. Los personajes son hombres y mujeres normales y corrientes que, condicionados por la época que vivieron, tuvieron unas vidas extraordinarias. Es también la historia de los soldados (marineros en este caso) que se vieron desgarrados por conflictos internos provocados por el armisticio declarado entre Italia y las Fuerzas Aliadas el 8 de septiembre de 1943. Nuestro protagonista, tras esa fecha crucial, elegirá ponerse del lado del Ejército italiano, luchando en el bando de las Fuerzas Aliadas”, apunta Riccardo Tozzi, fundador de Cattleya.

Está inspirada en hechos reales y es una historia de amor, mar y espías situada en plena Segunda Guerra Mundial, en la bahía de Algeciras, donde los buzos de combate italianos están causando el caos en barcos británicos. Elena Arbués y Teseo Lombardo cruzarán sus destinos en una trama de espionaje que transcurre a ambos lados de la verja gibraltareña. La novela ha sido un bestseller en 2021 y 2022, con más de 500.000 ejemplares vendidos en español, y recientemente se ha lanzado en Italia, donde desde el pasado mes de junio está disponible en librerías.

Arturo Pérez-Reverte, que se adiestró a finales de los sesenta en actividades subacuáticas en el Centro de Buceo de la Armada de Cartagena, traslada parte de su experiencia a esta historia que le contó su padre cuando él era un niño. Con más de veinte millones de lectores en el mundo, traducido a cuarenta idiomas y con muchas de sus obras llevadas al cine y la televisión, es uno de los autores en español más destacados del panorama literario. "En aquellos años trágicos, peligrosos, de la Segunda Guerra Mundial, hubo hombres y mujeres valientes a los que la Historia dejó en segundo término y ha olvidado: gente que hizo cosas audaces, en apariencia imposibles, que sus adversarios eran incapaces de imaginar. ‘El italiano’ es mi intento por recuperar y honrar su memoria. Estoy seguro de que la serie de Cattleya, de la que siempre admiré la calidad de sus producciones, será fiel a la historia que escribí".

22 junio 2022

Pérez-Reverte si immerge nelle acque della Storia


Gabriele Morelli - Il Giornale - 22/06/2022

Quando leggiamo un romanzo di Arturo Pérez-Reverte (Cartagena, 1951) non sappiamo mai se ammirare di più la scrittura e la capacità di affabulazione oppure l'intrigo, le peripezie audaci e rocambolesche vissute dal protagonista, come fa l'abile spadaccino Alatriste di molti racconti. Il nuovo romanzo, 'L'italiano' (Rizzoli, pagg. 414, euro 20; tra. Bruno Arpaia) sorprende di nuovo il lettore poiché fa rivivere episodi di guerra avvenuti nella baia di Gibilterra e la spiaggia di Algeciras durante la Seconda guerra mondiale, negli anni 1942 e 1943. E indubbiamente la Storia ci tocca da vicino poiché parla delle motosiluranti italiane, chiamate per la loro forma rotonda «maiali», utilizzate dalla Decima Flottiglia MAS, comandata dal principe Junio Valerio Borghese, che vanta l'affondamento di quattordici navi inglesi ancorate nella base britannica di Gibilterra, obiettivo preciso dei sommozzatori che sfidano il pericolo entrando nella vigilata base militare dei nemici.

Una storia di uomini intrepidi, italiani protagonisti di temerarie missioni militari che sembrano smentire la reputazione della nostra poca attitudine alla guerra. È quanto afferma -ha confessato lo scrittore- l'anziano padre che, dopo aver visto insieme al figlio bambino il film 'I due nemici' con Alberto Sordi e David Niven, gli dice uscendo dalla sala: «Non credere che gli italiani siano poi tutti come è Sordi nel film, hanno anche fatto cose coraggiose». E subito racconta le imprese militari compiute dalla Decima MAS, in particolare quelle del gruppo «Orsa Maggiore», che coinvolsero tanti uomini, morti e prigionieri rimasti ignorati.

I primi ricordi che spingono Pérez-Reverte alla ricerca di una ricca documentazione storica, attraverso la lettura di alcuni classici sull'argomento, è il libro 'Navi suicide' di Luis Sierra e, ancora 'I raids della Decima Flottiglia MAS', di Esteban Pérez Bolivar, a cui si sommano diari e documentari dell'epoca, film e ricordi di testimoni insieme con lunghe interviste ai figli dei protagonisti e visite ai cimeli conservati nei musei di guerra di La Spezia e Venezia.

Non preoccupa l'autore l'esaltazione che il romanzo fa dei comandanti militari e del fascismo, poiché allo scrittore interessa soprattutto l'uomo: ammira il suo coraggio e lo spirito d'avventura che giunge al sacrificio della propria vita. A Pérez-Reverte non importa da che parte ideologica stanno i personaggi della storia che racconta possono essere gerarchi fascisti e lo stesso dittatore Franco poiché è attento all'eroismo del protagonista, elogia la sua audacia e descrive con ammirazione il perseguimento della missione da compiere. In questa storia i suoi modelli sono i grandi eroi del mondo omerico: Achille, Ettore, Agamennone, Enea e Ulisse, che conservano intatto nel tempo il loro alone di leggenda. Non a caso i nomi dei principali personaggi attingono all'onomastica della mitologia greca: Elena e Teseo sono i due protagonisti del libro, e il cane della donna si chiama Argos, come l'animale fedele di Ulisse, che lo riconosce e gli va incontro quando, dopo dieci anni di vagabondaggi per il mondo, torna a Itaca, «bello di fama e sventura», come scrive il Foscolo. L'evocazione del mondo antico è pure presente a pagina 91, quando Elena chiede al giovane sommozzatore della Decima MAS se ha mai letto Omero e se conosce Ulisse. Alla sua vaga riposta, commenta: «Sono un po' più anziana di quanto fosse Nausicaa», con evidente richiamo alle pagine dell'Odissea e all'atmosfera magica del mito a cui indubbiamente attinge l'autore.

Fin qui la cornice storica e militare entro cui si colloca la trama del romanzo dove, accanto ai personaggi reali, si sovrappongono figure e situazioni immaginarie che, pur non avendo un grande spazio nel racconto, invitano il lettore a pensare e a credere alla loro esistenza. Una prima riflessione sul libro conferma le componenti peculiari della narrativa di Pérez-Reverte, la sua grande abilità a rappresentare storie e avventure del passato in cui gli apparenti contrasti, le ardite sovrapposizioni e gli anticipi temporali, di forma e contenuto, si fondono o meglio si confondono fino a formare un campionario vario e dinamico che la storia ha fissato nel tempo e lo scrittore torna a rileggere e rivive attraverso la fantasia.

Il racconto inizia quando una giovane colta, Elena Arbués, titolare di una libreria, passeggia in un chiaro mattino sulla spiaggia della rocca di Gibilterra e, improvvisamente, trova svenuto tra la sabbia e l'acqua un sommozzatore agonizzante. Lo soccorre, lo porta in casa, lo cura e subito avverte che a partire da questo momento la sua vita è cambiata per sempre. Poche volte come in questo racconto lo scrittore sa leggere l'animo di un personaggio femminile; comprende e illumina la sua complessa psicologia in cui trionfa, contro ogni sopruso e violenza, la forza e la bellezza del sentimento umano.

Assistiamo così alla descrizione di un serie di imprese militari attraverso una duplice lettura: quella del racconto storico legato al suo tempo, e l'altra che vede lo scrittore indagare la storia, intervistare i personaggi, attingere a numerose testimonianze, tra cui quella del nipote di Teseo e della stessa Elena, che segretamente collabora con gli italiani nelle varie incursioni contro le navi inglesi, e in seguito andrà a vivere con il giovane sommozzatore nella sua Venezia.

A lettura terminata, ci si accorge che sulle imprese temerarie compiute dalla Decima MAS prevale la storia dei sentimenti. L'italiano è infatti un libro di guerra e insieme d'amore, è il racconto del mare e del Mediterraneo: un romanzo dove una giovane donna incontra un uomo ferito e decide di camminare accanto a lui per sempre, lottare con lui superando ogni ostacolo, vincendo ogni pericolo.

Il lettore è sedotto dalla narrazione che presenta le avventure di una guerra occulta e poco conosciuta. Pérez-Reverte, ha scritto Umberto Eco, ricorda Dumas e Salgari. In realtà lo scrittore racconta soprattutto la vita.

Pérez-Reverte si immerge nelle acque della Storia - ilGiornale.it

20 junio 2022

Si attendono crisi isteriche


Bartolo Collo - electomagazine.it - 20/06/2022

Ah, come siamo provinciali noi Italiani!

Se qui da noi uno scrittore avesse deciso di raccontare in un romanzo le gesta della Decima Flottiglia MAS nel corso della Seconda Guerra Mondiale, sarebbe stato ostracizzato dalle principali case editrici e, nella migliore delle ipotesi, avrebbe trovato spazio soltanto presso un piccolo editore desideroso di suscitare qualche polemica per farsi un po’ di pubblicità a buon mercato.

Ma se a scrivere un libro di questo tipo è un autore noto e affermato come Arturo Pérez-Reverte, che italiano non è, visto che è nato in Spagna a Cartagena, le cose possono anche cambiare. Intanto può succedere che il nuovo lavoro dell’autore de 'Il Club Dumas' schizzi in testa alle classifiche di vendita prima ancora di uscire nelle librerie e di essere disponibile negli store on line. Stiamo parlando de 'L’italiano' (Rizzoli, pp. 416, €20,00) che comparirà sugli scaffali solo il 21 giugno, giorno del Solstizio d’estate.

La vicenda si svolge nel 1942, prima, cioè, che la Decima diventi uno dei reparti superstiti del Regio Esercito che aderirà alla Repubblica Sociale Italiana. Ma ciò importerà poco agli antifascisti in servizio permanente effettivo che, c’è da crederlo, prima o poi si scaglieranno con polemiche feroci contro l’uscita del libro. Una facile previsione che ha spinto Bruno Arpaia, il traduttore italiano di Pérez-Reverte, a scrivere una bella recensione uscita su TuttoLibri di sabato scorso. Una presentazione che, fin dall’occhiello, avverte l’autore a prepararsi alle polemiche che si scateneranno.

Nel ciclo di romanzi che avevano come protagonista Lorenzo Falcó, un agente segreto spietato e senza scrupoli al servizio di Francisco Franco durante la Guerra Civile Spagnola, l’autore aveva deciso di raccontare le sue storie mettendosi da quella che qui da noi è considerata, a prescindere, la “parte sbagliata”. E poco importa se Pérez-Reverte sia soprattutto interessato a costruire intrecci di tipo spionistico, piuttosto che storico, con una visuale diversa da quella usata da tutti, o quasi, i suoi colleghi. Ma finché si parlava della Spagna, ed era uno spagnolo a farlo, anche i fascisti non sembravano poi così cattivi. D’altra parte nella stragrande maggioranza dei film e dei libri ambientati tra gli anni Venti e gli anni Quaranta i “fascisti cattivi” erano solo tedeschi (per gli Americani, produttori in gran parte di questi film e libri, non esiste distinzione tra Nazisti e Fascisti: per loro sono tutti “Fascists”) o italiani. Qualche volta francesi (si pensi a 'Casablanca' di Michael Curtiz, film del 1942 che, se non fosse stato per Woody Allen, oggi non ricorderebbe più nessuno); ma spagnoli mai o quasi mai.

Ora, invece, i “fascisti buoni” sono italiani! E si comportano da eroi in una guerra che non sperano certo di vincere. Sono soldati che compiono il loro dovere e che, dopo l’8 settembre, prenderanno decisioni opposte, ma non incoerenti con il giuramento di fedeltà alla Patria che avevano pronunciato al momento di arruolarsi.

Da tempo Pérez-Reverte voleva scrivere questo libro, più volte annunciato nel corso degli anni scorsi. E tra poco anche noi avremo la possibilità di leggerlo dopo averlo atteso a lungo. E, ne siamo certi, non ne resteremo delusi.

https://electomagazine.it/esce-in-libreria-litaliano-di-perez-reverte-si-attendono-crisi-isteriche/

21 septiembre 2021

Dosier de prensa para 'El italiano'


Alfaguara - 21/09/2021

'El italiano' relata una asombrosa historia de amor, mar y guerra. En los años 1942 y 1943, durante la Segunda Guerra Mundial, buzos de combate italianos hundieron o dañaron catorce barcos aliados en Gibraltar y la bahía de Algeciras. En esta novela, inspirada en hechos reales, sólo algunos personajes y situaciones son imaginarios. Elena Arbués, una librera de veintisiete años, encuentra una madrugada mientras pasea por la playa a uno de esos buzos, desvanecido entre la arena y el agua. Al socorrerlo, la joven ignora que esa determinación cambiará su vida y que el amor será sólo parte de una peligrosa aventura.

Arturo Pérez-Reverte, que a finales de los años sesenta se adiestró en actividades subacuáticas en el Centro de Buceo de la Armada de su ciudad natal, Cartagena (España), traslada parte de su experiencia a esta novela basada en hechos reales. Reportero de guerra durante veintiún años, cubrió dieciocho conflictos armados para los diarios y la televisión. Con más de veinte millones de lectores en el mundo, traducido a cuarenta idiomas, muchas de sus obras han sido llevadas al cine y la televisión. Hoy comparte su vida entre la literatura, el mar y la navegación. Es miembro de la Real Academia Española.

«Al fin y al cabo, tú me enseñaste a amar a los héroes.»

Hay decisiones que cambian un día y marcan una vida entera. Después del éxito de 'Línea de fuego', Premio de la Crítica 2020 y uno de los mejores libros del año según 'El Cultural', 'Esquire', 'El Periódico' y Vozpópuli, Arturo Pérez-Reverte entra en un complicado mundo de fronteras, saboteadores, espías y operaciones militares ocultas. Estamos en Gibraltar, La Línea y Algeciras durante la Segunda Guerra Mundial. Una geografía salpicada de peligros, donde cualquier error puede costar caro, los riesgos son múltiples y un paso en falso puede resultar fatal. El Mediterráneo es un tablero de estrategias en el que los aliados intentan ganar la partida a las fuerzas del Eje. En ese difícil escenario, nadie puede confiar en nadie, y allí se cruzan los destinos de Elena Arbués y Teseo Lombardo. Un tropiezo imprevisto que originará una admiración mutua y despertará sus sentimientos, pero que también dará pie a una trama de espionaje que discurrirá a ambos lados de la verja gibraltareña. En uno de ellos están los ingleses, que desean extender su dominio naval; enfrente, los italianos, que intentan impedírselo, y, en medio de los dos, la España de la posguerra.

Arturo Pérez-Reverte aprovecha este contexto bélico, colmado de tensiones, para reflexionar sobre el valor de la amistad, las decisiones que se toman en tiempos de guerra, el respeto al adversario y cómo, transcurridos los años, esos recuerdos perviven en la memoria. Pero también ahonda en qué es un héroe y cómo la literatura ha moldeado la idea que conservamos sobre ellos. A través de ese hombre que el mar devuelve a la tierra, resulta inevitable reflexionar sobre cómo nuestra herencia cultural, desde la Odisea y la Eneida hasta las novelas de aventuras más recientes, han modelado nuestra imaginación y nos han predispuesto a identificarlos. «Yo estaba adiestrada para reconocer a un héroe. Y no pronuncio esa palabra en su sentido moderno, sino en el clásico. Por eso pude reconocerlo cuando lo vi», admite Elena Arbués, la protagonista de 'El italiano'. Porque un héroe, como cuenta esta novela, no es alguien ideal, sino una persona que convive con sus fantasmas, como el Aquiles de la 'Ilíada', sobrelleva el dolor y no desprecia «la cólera de los dioses por alarde ni fanfarronería», sino «con sencillez, sin darle importancia, porque la vida, la historia, su patria» lo han «colocado en la necesidad de hacerlo». Es alguien que valora los méritos de la austeridad, la importancia del respeto y aprecia el coraje. Pero que, sobre todo, entiende, como ocurre en esta novela, que las medallas y las condecoraciones no sirven para nada, salvo para honrar a los amigos que ya no están y mantener vivo el tiempo que pasaron a nuestro lado.

«Llevo queriendo escribir esta casi increíble historia, fiel a los hechos, desde que mi padre me la contó siendo yo un niño. Espero haberlo conseguido.» -Arturo Pérez-Reverte

Arturo Pérez-Reverte ha convivido con los hechos que relata El italiano durante más de cuarenta años. Se los escuchó por primera vez a su padre cuando era pequeño y desde entonces han permanecido en su memoria. Fue, como ha sucedido tantas veces en el pasado, uno de esos relatos que nacen al hilo de unos acontecimientos reales y que se van traspasando de unos a otros hasta que alguien los escribe y pasan a formar parte de la literatura. Con esta historia, el novelista hace un acto de reivindicación y rescata a esos soldados, menospreciados en demasiadas ocasiones, como se subraya en el libro, que, con una enorme dosis de valor, participaron en uno de los capítulos más duros y olvidados de la Segunda Guerra Mundial. A diferencia de otros muchos, no sucedieron lejos de España, sino en el mismo litoral de nuestra península.

Estos soldados, constituidos en unidades que no llegaban a una veintena de hombres, acometieron una serie de acciones bélicas a lo largo del Mediterráneo que pusieron en jaque a los aliados. Sus protagonistas eran submarinistas y buzos, previamente entrenados y adiestrados para estas misiones, procedentes de la marina italiana. Estaban dotados con sofisticados equipos submarinos, como reconocen los protagonistas ingleses de 'El italiano'. Con sus trajes de goma y adelantados sistemas para respirar bajo el agua, se sumergían en el mar y, eludiendo las minas y las barreras defensivas, se infiltraban en el puerto de Gibraltar para hundir los barcos de guerra británicos que atracaban allí durante sus travesías. Una delicada operación que ejecutaban con un arma imprevista y moderna: los "maiali", unos torpedos tripulados con cabezas explosivas que pusieron en jaque a la armada de Inglaterra. Con ellos hundieron, sólo en Alejandría, dos acorazados: el Valiant y el Queen Elizabeth. Aunque sus golpes de mano también se conocieron en Argel. La marina inglesa siempre gozó de mayor fama y superioridad que la italiana durante la contienda. Sin embargo, estas operaciones, con un reducido contingente de tropa y oficiales, dejaron fuera de servicio catorce naves sólo en el sur de España y, de haberse implementado esta fuerza, la batalla por el Mediterráneo, decisiva para el devenir de la contienda, hubiera sido muy distinta a la que recogen los libros. Arturo Pérez-Reverte nos enseña ahora quiénes eran estos hombres y lo que hicieron.

«Por entonces no era novelista, ni pretendía serlo. Sólo un periodista joven, reportero entre continuos viajes, al que le gustaban las historias del mar y los marinos.»

'El italiano' discurre en dos tiempos narrativos distintos. El primero, en 1942 y 1943, momento en el que se producen las incursiones en Gibraltar. El segundo, a principios de la década de los ochenta, cuando un reportero que pasea por Venecia entra en una pequeña librería próxima a la Accademia. Con afición por los libros antiguos y las historias de marinos, aunque tiene ya mucha profesión a sus espaldas y sus manos se manchan habitualmente con la tinta de los periódicos, todavía no sospecha que el encuentro con esa librera de pelo canoso y maneras elegantes animará en él una larga investigación alentada por la curiosidad y sus recuerdos. Este periodista iniciará una serie de recorridos y travesías en distintos momentos de su trayectoria vital y profesional para encontrarse con los supervivientes de aquellos acontecimientos y sus descendientes. Su intención es comprender qué ocurrió, acceder a datos desconocidos y descifrar los enigmas sin resolver de aquellas jornadas de la Segunda Guerra Mundial. El hombre, que debido a su fama como novelista también será reconocido por estas personas, irá mencionando sus indagaciones, los autores que lee, expresando sus dudas y apuntando las obras que consulta en un serpenteante recorrido donde los protagonistas de ayer y los de hoy se entrecruzan.

El periodista reconocerá también que trabajó en el diario español 'Pueblo', que publicó en sus páginas reportajes sobre esta epopeya y que, cuando ya no quedaba nadie vivo relacionado con aquellos acontecimientos, es cuando se ha decidido a escribir un libro, que es el que los lectores leen: 'El italiano'. Una escritura que cultiva desde los márgenes de la ficción y no de la prosa histórica por motivos que él mismo explica en la narración: «Hacía tiempo que era escritor profesional: ahora contaba historias imaginadas, o tratadas mediante ese filtro. Recreaba el mundo a mi manera y ofrecía a los lectores vidas alternativas, posibles o probables, con la certeza de que, paradójicamente, la ficción permitía penetrar más en lo sucedido que el simple relato de los hechos». Una voz narrativa evocadora que nos ayudará a saber qué ocurrió y, a la vez, impregnará estas páginas con un tono nostálgico, de añoranza, el que sin duda corresponde a los héroes que se han marchado.

«España está en la cuerda floja. Ya no es como cuando Alemania ganaba la guerra. Ahora la cosa anda indecisa; y Franco, que es un fenómeno, hace encaje de bolillos y guarda las formas. No es la primera vez que la Guardia Civil detiene a agentes nazis o fascistas y los expulsa de aquí.»

Arturo Pérez-Reverte cuestiona en esta novela el tópico de la neutralidad española durante la Segunda Guerra Mundial. El novelista refleja la atmósfera que prevalecía en aquella España de los años cuarenta. Es una tierra todavía marcada por las cicatrices que ha dejado la contienda de 1936, que él mismo recordó en la serie 'Falcó', con una población que se divide entre germanófilos y aliadófilos, y que discute en los bares sobre la Convención de Ginebra, el respeto que se debe dispensar a los soldados capturados en acciones bélicas o el derecho a fusilar o no a los individuos que son sorprendidos pasando información o infiltrados entre sus líneas. Nadie ha olvidado todavía la represión contra los maestros republicanos ni tampoco la huida al extranjero de los que defendían posiciones políticas más liberales.

Durante años se ha defendido la idea de una España no beligerante, pero la realidad histórica es que España ha enviado la División Azul a Rusia, el Gobierno ha mantenido una reunión con Hitler en Hendaya en 1940 y algunos sectores reconocen de manera abierta su simpatía hacia las fuerzas del Eje, al menos, mientras Alemania e Italia van ganando la guerra. Pero ese momento ya ha pasado cuando discurre la acción de 'El italiano'. Es un instante posterior. De delicados equilibrios. Nada está claro ya. La prensa recoge los siguientes titulares: "La Wehrmacht, a las puertas de Stalingrado". "La RAF golpea Düsseldorf y Bremen". "Un convoy británico rompe el cerco de Malta". Como reconoce uno de los protagonistas: «Los españoles tienen mucho cuidado, pues quieren parecer irreprochables. La neutralidad les conviene más que nunca».

La península ibérica es un confuso escenario donde el espionaje desempeña un papel fundamental y muchas potencias se mueven a su antojo por sus ciudades, traspasando sus fronteras, invadiendo sus aguas territoriales o bombardeando sus mercantes, aunque luego se disculpen ante las autoridades y compensen a las familias. Desde las costas, los españoles distinguen embarcaciones de distintas nacionalidades y se divisan sumergibles. Todos los países tienen muchos intereses en el nuestro. Unos, para que preste su apoyo: los alemanes; y, otros, para que se mantenga al margen, que es lo que procuran los ingleses a través de enviados. Y las preguntas son inevitables: ¿Cuál fue nuestro papel? ¿Fuimos permisivos? ¿Jugamos a dos barajas o nos amoldamos a las circunstancias? Como reconoce uno de los personajes de El italiano: «La idea era golpear sistemáticamente Gibraltar, y que los enemigos no adivinaran de dónde venían los ataques submarinos, buceadores procedentes del mar... Que imaginaran lo que pudieran. Y realmente se volvieron locos. La base de Algeciras era por completo secreta, y lo siguió siendo durante toda la guerra. Sólo después averiguaron los ingleses qué ocurría».

«Las guerras también se ganan con cultura.»

El italiano no es sólo una historia de guerra y amores inevitables. Arturo Pérez-Reverte brinda en este libro, como lo hizo con anterioridad en 'El club Dumas', un espléndido homenaje a la literatura, la cultura clásica y las civilizaciones que han nacido al amparo de los pueblos mediterráneos y dieron a Occidente sus primeras epopeyas. La novela recuerda ese mundo antiguo desde que Elena Arbués halla a un hombre herido en una playa. Una escena que alude a uno de los pasajes de la Odisea, cuando Nausícaa, hija de Alcínoo, rey de los feacios, encuentra a Ulises en la orilla del mar y lo recoge.

Los nombres elegidos para 'El italiano' tampoco son aleatorios ni fruto de la casualidad. Argos, el nombre escogido para el perro de la protagonista, es un guiño al cachorro que cuidaba Odiseo cuando partió hacia Troya. Años después, al regresar el héroe a Ítaca, el can, ya mayor y envejecido, será el primero en reconocerlo debajo de sus prendas de vagabundo y fallecerá en sus brazos. Tampoco es fortuito el nombre seleccionado para el italiano de la novela, Teseo, que invoca al héroe griego que venció al Minotauro, se enfrentó a los centauros y fue rey de Atenas.

En este mundo incendiado por las bombas, con el mar impregnado con el aceite de los motores, donde el olor del salitre se mezcla con el de la gasolina derramada en los puertos y la muerte es corriente, sobresale la importancia de las librerías y los grandes cenáculos de la cultura. Son vehículos para encontrar lecturas de entretenimiento, pero también para acceder al conocimiento. Una de las librerías la dirige Elena Arbués y se llama Circe, como la hechicera que se enamoró de Ulises y que convirtió a su tripulación en animales. Las otras dos que se mencionan en 'El italiano' son Olterra, ubicada en Venecia, que mantiene abierta una anciana muy especial, clave para el inicio de la narración, y, Line Wall Bookshop, en Gibraltar, que lleva un sexagenario de barba blanca, Sealtiel Gobovich, que tendrá un papel esencial para el desarrollo de la narración. A través de sus anaqueles, Arturo Pérez-Reverte menciona las novelas que estuvieron de moda en la época, cita grandes obras de todos los tiempos y, sobre todo, reivindica el papel que desempeñan los libros en la manera de contemplar el mundo.

El novelista, que defiende con frecuencia la cultura clásica desde sus artículos en prensa y su cuenta de Twitter, no olvida la trascendencia de la tradición oral, la manera en que, durante siglos, se transmitió la primera literatura europea. En 'El italiano' apela a ella a través de esas entrevistas y encuentros que el narrador mantiene con los testigos de los sucesos. De esta manera conversacional, entre una bruma de revelaciones y de confidencias, es como llega a los lectores parte de lo que ocurrió y, también, se plantean algunos misterios que tendrán que resolverse. «Nunca supe con certeza, mientras buscaba encajar diferentes versiones de una historia nacida de varias voces, a qué se debió el nuevo encuentro de Elena Arbués y Teseo Lombardo», reconocerá el narrador.

Teseo Lombardo

Moreno, de ojos verdes. Sonrisa blanca y, cosidos en el uniforme, galones de la marina de guerra italiana. De nervios templados y carácter valiente, está acostumbrado al riesgo y a la muerte. Es un buceador de combate y conoce de sobra el padrenuestro del soldado: camaradería en la unidad, fidelidad al compañero y arrojo en la misión. Tripula uno de los "maiali" que diezman la Armada británica en el puerto de Gibraltar. De buena percha, conducta noble y comedido en el gesto, su estampa recuerda a las esculturas de los viejos dioses griegos y romanos. Su encuentro con Elena Arbués salvará, primero, su vida; después, determinará su misión y, por último, abrirá las puertas a una historia de amor, pero, también, a un arriesgado juego de espionaje.

«Durante su breve y único encuentro anterior no llegó a verlo sonreír: un trazo blanco, simpático, que ahora ilumina el rostro moreno de corte meridional, atractivo, inequívocamente mediterráneo, que ella sabe es italiano, aunque lo mismo podría ser español, griego o turco. Una característica criatura del sur, nacida entre orillas e islas sin árboles ni agua: aceite, vino tinto, atardeceres rojizos, profundidades cálidas y dioses sabios y cansados. Mirarlo trae todo eso a su memoria. Y es, además, un hombre guapo.» (pág. 21)

Gennaro Squarcialupo

Socarrón y divertido, como corresponde a un napolitano de pura cepa y a un joven con apenas veintisiete inviernos tallados en las mejillas. Es el compañero de Teseo Lombardo. Su «binomio», como tienen al uso llamarse en el cuerpo los compañeros que comparten un maiale. Juntos acometen el arriesgado papel de mandar al fondo de la bahía los buques ingleses. Hombre franco, directo, de mayores brusquedades que su amigo, pero no de menos coraje, recordará, desde la altura de la vejez, qué sucedió en aquellas misiones, qué fue de sus amigos y qué los separó. Partidario de Mussolini y de su patria, arrastra la amargura de los hombres que primero han sido jaleados como héroes y después han sido denostados. En su mirada brilla la nostalgia de los buenos momentos vividos y el arrepentimiento de una mano tendida que no se supo recoger a tiempo.

«Es bajo, atlético, con un pelo ensortijado y espeso que intenta domar peinándolo hacia atrás con gomina. Un meridional de buen carácter y excelente humor a quien gusta disfrutar de la vida. Camina despacio, satisfecho, un cigarrillo en los labios y las manos en los bolsillos del pantalón, gozando del paseo y del día soleado que la brisa del sudeste mantiene agradable.» (pág. 44)

Lauro Mazzantini

Es jefe del grupo Orsa Maggiore. Persona decidida, pero cauta, que desconfía de las casualidades, pero sabe aprovechar las oportunidades cuando se presentan. Educado, directo, templado, mide los pasos y sabe coordinar y dirigir a los subordinados en la delicada operación que les han encomendado. Su objetivo: cumplir con las órdenes, mantener oculta su base de operaciones, que hasta ahora ha pasado desapercibida por el enemigo, y proteger a sus muchachos. Cuando Elena Arbués tropieza con ellos, no lo duda. A pesar de que Teseo Lombardo confía en ella, él ordena investigarla para resolver unos interrogantes lógicos: ¿Su aparición es fortuita? ¿Es un cebo de los ingleses? ¿Trabaja para alguien? Enseguida comprenderá que ella trae consigo una ventaja con la que jamás había contado.

«Es un joven delgado y atlético, de hombros anchos. Pelo rubio, ojos azules, mentón cuadrado. Viste ropas civiles, como todos: pantalón corto, camiseta blanca y sandalias.» (pág. 69)

Elena Arbués

Los ingleses mataron a su marido durante una operación y la convirtieron en una viuda prematura. Ensoñadora, leída y culta, hija de un viejo maestro republicano que envejece traduciendo a los clásicos, dirige una librería y ayuda a su amigo Sealtiel Gobovich a llevar otra en Gibraltar. Prudente y discreta, aunque eso jamás le ha impedido dar un paso adelante, posee una intrepidez que nadie sabe definir si proviene de un alma vividora o de ese poso literario que dejan las historias grecorromanas y los viejos relatos de aventuras. Su encuentro con Teseo Lombardo es casual, pero enseguida reconocerá en la talla de ese náufrago de la guerra a un héroe clásico, a un Ulises que el destino ha dejado a sus pies. Por amor, idealismo o venganza, esta enigmática mujer, capaz de enfrentarse a los hombres y de aguantar lo que muy pocos pueden, se embarcará en una labor de espionaje en la que se dirimirán muchos destinos.

«El vestido ligero y veraniego ceñido al talle, las dos manos sosteniendo el bolso contra el regazo, el cabello castaño corto, a la moda, levemente ondulado. Un buen aspecto de mujer todavía joven, figura esbelta, casi delgada, tal vez demasiado alta para la media española, con su 1,76 de estatura cuando no lleva zapatos de tacón: Elena María Arbués Ortiz, veintisiete años, viuda desde hace dos. Propietaria de la librería Circe, situada en la calle Real de La Línea de la Concepción.» (pág. 23)

Doctor Zocas

Samuel Zocas, más conocido como doctor Zocas, es uno de los parroquianos que frecuentan el café Anglo-Hispano y uno de los amigos más cercanos de Elena Arbués. Es un hombre de talante abierto a la conversación, con ideas propias, que participa de los debates que animan las sobremesas y reuniones. Perteneció a una logia masónica y sus ideas liberales le obligaron a refugiarse en Gibraltar durante la contienda española. Sólo pudo regresar cuando tuvo garantías de que estaría a salvo en España. Tiene una extraña afición por los ferrocarriles, un entretenimiento que pocos comprenden en una persona de su inteligencia, pero en el que se esconde algo inesperado y crucial.

«Es menudo, calvo, miope, y la única mácula en su pulcro aspecto son dos dedos de la mano izquierda amarillos de nicotina. Siempre parece recién rasurado y huele a loción de afeitar como si acabara de salir de la barbería. Lleva lentes de acero y cierra con atrevidas pajaritas los cuellos impecables de sus camisas.» (pág. 29)

Harry Campello

Gasta treinta y seis primaveras y no es ningún angelito. De voluntad impetuosa, manos hechas para las friegas más duras y una expresión marcada por las cicatrices de la viruela, tiene la ingrata encomienda de proteger Gibraltar de espías, saboteadores y enemigos. Sobre todo, ahora que los italianos están mandando a pique los navíos de Su Majestad. Posee el instinto natural de los guardias desconfiados y es capaz de detectar quién viene con malas intenciones. Es un guardián astuto y precavido, que huye de las prisas y que se ha fijado en Elena Arbués. No se fía de esa mujer agradable, pero cortante, y ha puesto tras sus pasos a los mejores sabuesos. Junto a él van dos matones de cuidado y, entre los tres, aplican a sus prisioneros unos interrogatorios capaces de ablandar al más entero.

«Comisario de la Policía local, su trabajo coincide con su aspecto: dirige el duro Gibraltar Security Branch, la sección paramilitar que depende directamente del gobernador del Peñón y goza de una autonomía ajena a las normas. Centrado en la represión del sabotaje enemigo, “el Branch”, como lo llaman los iniciados, es una discreta mano izquierda que mantiene limpia la mano derecha de los británicos. Dicho en corto: el que se encarga del trabajo de contraespionaje más sucio.» (pág. 91)

Royce Todd

Desde la atarazana que le dan sus, aproximadamente, veinticinco años, observa la guerra como una contienda entre caballeros. Es el encargado de proteger el puerto y abortar las misiones de los italianos, sus adversarios, a los que va tomando la medida y entendiendo el juego que se traen. Proviene del mundo civil, pero, a pesar de su juventud, es un reputado experto en trabajos submarinos. De talante educado y con una comprensión de lo que hacen las contiendas a los hombres, siente una secreta admiración hacia esos «espagueti» que, en medio de la noche, se internan en el mar para reventar sus barcos. Es elegante, es noble y es inteligente. Un extraño ejemplo de individuo que se mantiene firme a unos principios básicos a pesar de las bombas y los muertos. También es el autor de un libro, 'Deep and Silent', que, con los años, consultará el narrador de la historia.

«Un inglés excéntrico de la variedad agradable; uno de esos individualistas inclinados al deporte y la aventura, a los que sólo circunstancias excepcionales logran vestir de uniforme; e incluso entonces se toman la guerra como un partido de tenis. Todd encaja en el perfil: seguro de sí mismo, enemigo de protocolos, indisciplinado en tierra, todo indica que en el mar él y su equipo de Protección Submarina ya son otra cosa.» (págs. 108-109)

Jack Wilson

El mundo le ha conducido a la guerra, pero su vocación queda en el campo de la literatura. Bien formado, con gusto por el teatro, escribe poesía, le gusta visitar librerías, es risueño y tiende por carácter a la alegría. Tiene la ardua tarea de llevar la cultura a aquellos que no saben leer ni las tiras cómicas. Y, como tantos de sus compatriotas, y más en los severos tiempos de guerra, siente cierta debilidad por la bebida. Uno de sus comentarios pondrá a Elena Arbués en el ojo del huracán.

«En la guerrera lleva los tres galones de sargento y la insignia —un libro abierto sobre dos rifles cruzados— del Grupo de Educación del Ejército. Su rostro es vulgar, pero habla un inglés elegante, de resonancias cultas. Hay mucha literatura leída en esa voz.» (pág. 162)

La crítica ha dicho sobre el autor:

«Arturo Pérez-Reverte sabe cómo retener al lector a cada vuelta de página.» 'The New York Times Book Review'

«Arturo Pérez-Reverte consigue mantener sin aliento al lector.» 'Corriere della Sera'

«Los lectores no serán capaces de volver la página lo suficientemente rápido.» 'Publishers Weekly'

«Hay un escritor español que se parece al mejor Spielberg más Umberto Eco. Se llama Arturo-Pérez-Reverte.» 'La Repubblica'

«Arturo Pérez-Reverte nos hace disfrutar de un juego inteligente entre historia y ficción.» 'The Times'

«Pérez-Reverte en su mejor momento. Sus novelas trazan lazos de unión unas con otras, hasta formar una urdimbre que es lo que los clásicos llamaban estilo, y los modernos, mundo.» José María Pozuelo Yvancos, 'ABC Cultural'

«Nada más serio que el juego de Pérez-Reverte. Ese juego se llama literatura.» 'La Revue des Deux Mondes'

«Pérez-Reverte es su sensibilidad radicalmente moderna, inteligente y compleja [...]. Un resumen de un argumento de Pérez-Reverte es emocionante, pero no tan interesante como sus libros, cada uno de los cuales crea una atmósfera psicológica que es irresistible.» 'The Boston Globe Book Review'

«Colocando muy alta la bandera de la ficción apasionante, Arturo Pérez-Reverte elabora sus novelas como un viejo barman español refinado y elegante que se emborrachase de vez en cuando con Corto Maltés. Déjense ustedes instruir por este maestro de la aventura.» 'Minute'

«Uno se siente como el perro de Goya, enterrado hasta el cuello en las historias de Pérez-Reverte, tan abrumado como fascinado; incapaz de huir, pese a que cada frase arroja en el alma un capazo más de arena, de pesar, de tinieblas.» Jacinto Antón, 'El País'

«Su estilo elegante se combina con un gran manejo de la lengua española. Pérez-Reverte es un maestro.» 'La Stampa'

«Pérez-Reverte tiene un talento endiablado y un sólido oficio.» 'Avant-Critique'