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15 septiembre 2026

Quand la guerre se fait mots


Bernard-Henri Lévy - lepoint.fr - 16/09/2026 

Arturo Pérez-Reverte, 74 ans et natif de Carthagène, en Espagne, est l’un des grands écrivains européens d’aujourd’hui. Je le pense depuis 'La Reine du Sud', le roman qui raconte l’ascension de Teresa Mendoza, petite Mexicaine pauvre et traquée, devenue reine des narcotrafiquants. Je le crois, plus encore, depuis 'Le Peintre de batailles', ce conte métaphysique où un ancien photographe de guerre, retiré dans une tour et entreprenant de peindre sur ses murs la fresque des guerres qu’il a vécues, voit resurgir un personnage dont il avait fait une photo iconique et qui vient lui demander des comptes pour avoir fait commerce et gloire de sa souffrance.

Mais il publie 'Ligne de feu' (Gallimard) et c’est son chef-d’œuvre. L’histoire se passe en 1938, au début la bataille de l’Èbre, qui fut la plus longue, la plus meurtrière et l’une des dernières batailles de la guerre d’Espagne. Nous sommes dans un village imaginaire, Castellets del Segre, qui ressemble à tous ces villages d’Espagne dont personne, la veille encore, n’aurait su dire le nom et dont la guerre fait soudain le centre du monde. Voici quelques maisons. Une grand-rue. Des collines pelées. Deux pitons. De part et d’autre de la ligne qui les sépare, des femmes et hommes qui avancent, reculent, prennent une ruine, la perdent et s’entre-tuent pour quelques arpents de poussière. Et six cents pages d’une épopée guerrière autour d’une bataille minuscule, presque sans nom, dont l’insignifiance apparente décuple, comme à Bakhmout ou Pokrovsk, en Ukraine, l’importance stratégique et l’enjeu.

Pérez-Reverte n’est pas le premier à raconter cette guerre – mais il sait quels géants se tiennent derrière lui. Il y a Malraux, bien sûr, avec 'L’Espoir', dont on retrouve les dialogues où, au cœur des combats, l’on s’entretient encore du fascisme et du communisme, du romantisme et des illusions révolutionnaires, du sens qu’il peut y avoir à mourir et de la fraternité des hommes qui tombent. Il y a Hemingway et son 'Pour qui sonne le glas', dont résonnent le bruit sec des armes, celui des projectiles qui pleuvent des collines, des balles et des pierres qui ricochent, des bourdons d’acier qui passent en sifflant et du clac-clac des Remington où des sosies de Martha Gellhorn tapent leurs dépêches.

Et puis il y a Max Aub qui, avec son 'Labyrinthe magique' en six volumes, est celui des illustres pionniers dont Pérez-Reverte est le plus proche et auquel il emprunte cette méthode «unanimiste» permettant de passer constamment d’un camp à l’autre, de croiser les voix et les points de vue, de donner leur chance au lâche comme au héros, au phalangiste comme au communiste et à celui qui sait pourquoi il combat non moins qu’au brave soldat Schweik espagnol qui ne pense qu’à fuir le champ de bataille. 

Pérez-Reverte, oui, croise ces manières. Ce sont les idées de Malraux et la chair des personnages de Hemingway perdues dans la multitude de Max Aub. Mais il les prend au ras du sol, avec un sens unique du détail qui donne des pages hallucinantes de vérité sur la poussière qui entre dans les yeux et colle aux lèvres, les colonnes de fumée que rougissent les rayons du soleil couchant, la soif qui rend fou, ou la mitrailleuse qui a tellement tiré que les hommes doivent pisser dans son canon pour le refroidir.

Sans doute avais-je des raisons personnelles de me passionner pour ce roman. La biographie de l’auteur qui, avant d’être romancier, fut correspondant de guerre : comment ne pas entendre, au fil des pages où les hommes avancent à tâtons sur une terre sèche et brûlée, l’écho des guerres du Soudan que j’ai couvertes après lui? dans les maisons éventrées et la rue de l’Église que l’on traverse en courant sous les tirs des snipers, le reflet de la guerre de Bosnie où nous nous sommes croisés? et comment ne pas rêver, quand on est soi-même reporter et écrivain, de cette miraculeuse alchimie qui change le plomb des guerres réelles en or du roman vrai?

Cette guerre d’Espagne qui est ma scène primitive et que je n’ai cessé, tout au long de mon existence, de tenter de retrouver : combien de fois ai-je dit «notre» guerre d’Espagne! combien de batailles ukrainiennes ai-je vues au prisme désespéré de ces batailles espagnoles que l’on ne livrait pas pour l’emporter mais pour gagner du temps et épuiser l’ennemi ! et l’ombre de ce père héroïque –mon père– engagé, à l’âge des héros adolescents de Pérez-Reverte, dans les Brigades internationales venues combattre le fascisme. Et puis, au chapitre des hantises, ces deux pitons rocheux, Lola et Pepa, qui sont au cœur du roman et que les républicains mettent six cents pages à tenter d’escalader, verticalement, sous le feu: impossible, pour moi, de ne pas y voir l’ombre de Faito et Majo, les deux derniers pitons du mont Cassin où mon père s’est battu et illustré, avec une unité de «Juifs indigènes» de l’armée d’Afrique, dans des conditions très semblables.

Mais laissons là les réminiscences et les fantômes. Reste 'Ligne de feu': l’un de ces très grands et rares romans qui traversent le fracas des armes et transfigurent la guerre en littérature.

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/bhl-quand-la-guerre-se-fait-mots-RNM7OBYDP5EULGLZNFHTLQMORA/

Cuando la guerra se hace palabra

Arturo Pérez-Reverte, de 74 años y natural de Cartagena, es uno de los grandes escritores europeos de la actualidad.

Así lo creo desde 'La Reina del Sur', la novela que narra la ascensión de Teresa Mendoza, una joven mexicana pobre y acorralada, convertida en reina del narcotráfico.

o creo aún más desde El pintor de batallas, ese relato metafísico donde un antiguo fotógrafo de guerra, retirado en una torre y dedicado a pintar en sus muros el fresco de las guerras que ha vivido, ve resurgir a un personaje al que le había tomado una foto icónica, y que acude a pedirle cuentas por haber comerciado y alcanzado la gloria a costa de su sufrimiento.

Pero ahora publica ‘Línea de fuego’ (Gallimard), y es su obra maestra.

La historia transcurre en 1938, al comienzo de la batalla del Ebro, que fue la más larga, la más sangrienta y una de las últimas batallas de la Guerra Civil española.

Nos encontramos en un pueblo imaginario, Castellets del Segre, que se asemeja a todos esos pueblos de España cuyo nombre nadie habría sabido pronunciar la víspera, y a los que la guerra convierte, de pronto, en el centro del mundo.

Apenas unas cuantas casas. Una calle mayor. Colinas peladas. Dos cerros. A ambos lados de la línea que los separa, mujeres y hombres que avanzan, retroceden, toman unas ruinas, las pierden y se matan entre sí por unos palmos de polvo.

Y seiscientas páginas de una epopeya bélica en torno a una batalla minúscula, casi anónima, cuya aparente insignificancia multiplica por diez, como en Bajmut o Pokrovsk, en Ucrania, su importancia estratégica y lo que está en juego.

Pérez-Reverte no es el primero en contar esta guerra, pero sabe muy bien qué gigantes le preceden.

Está Malraux, por supuesto, con La esperanza, del que reencontramos esos diálogos donde, en pleno fragor del combate, aún se debate sobre el fascismo y el comunismo, sobre el romanticismo y las ilusiones revolucionarias, sobre el sentido que puede tener morir y la fraternidad de los hombres que caen.

Está Hemingway y su Por quién doblan las campanas, del que resuenan el chasquido seco de las armas, el de los proyectiles que llueven desde las colinas, las balas y las piedras que rebotan, los abejorros de acero que pasan silbando y el clac-clac de las Remington en las que los dobles de Martha Gellhorn teclean sus despachos.

Y luego está Max Aub que, con su Laberinto mágico en seis volúmenes, es el ilustre pionero del que Pérez-Reverte se siente más próximo.

De él toma prestado este método "unanimista" que le permite pasar constantemente de un bando a otro, entrecruzar voces y puntos de vista, dar cabida tanto al cobarde como al héroe, tanto al falangista como al comunista, tanto a aquel que sabe por qué lucha como al valiente soldado Švejk español que sólo piensa en huir del campo de batalla.

Pérez-Reverte, en efecto, entrelaza estos estilos. Son las ideas de Malraux y la carne de los personajes de Hemingway perdidas en la multitud de Max Aub.

Pero él las capta a ras de suelo, con un sentido único del detalle que nos regala páginas de una verdad alucinante sobre el polvo que se mete en los ojos y se pega a los labios, las columnas de humo que enrojecen bajo los rayos del sol poniente, la sed que enloquece o la ametralladora que ha disparado tanto que los hombres tienen que mear en su cañón para enfriarlo.

Sin duda, tenía motivos personales para apasionarme por esta novela.

La propia biografía del autor, que antes de novelista fue corresponsal de guerra.

¿Cómo no percibir, a lo largo de unas páginas en las que los hombres avanzan a tientas sobre una tierra seca y quemada, el eco de las guerras de Sudán que cubrí después de él?

¿Cómo no ver en las casas destripadas y en esa calle de la Iglesia que se cruza a la carrera bajo el fuego de los francotiradores, el reflejo de la guerra de Bosnia, donde nuestros caminos se cruzaron?

Y ¿cómo no soñar, cuando uno mismo es reportero y escritor, con esa alquimia milagrosa que transforma el plomo de las guerras reales en el oro de la novela verdadera?

Pérez-Reverte lanza el guante sobre la guerra: "¿Hay diferencia moral entre un muchacho que murió con gorrillo republicano y otro con boina de requeté?"

Esa Guerra Civil española que es mi escena primigenia y que, a lo largo de toda mi existencia, no he dejado de intentar reencontrar: ¡cuántas veces he dicho "nuestra" guerra de España!

¡Cuántas batallas ucranianas he contemplado a través del prisma desesperado de aquellas batallas españolas que no se libraban para vencer, sino para ganar tiempo y agotar al enemigo!

Y la sombra de ese padre heroico —mi propio padre— alistado, a la misma edad de los héroes adolescentes de Pérez-Reverte, en las Brigadas Internacionales que acudieron a combatir el fascismo.

Y además, en el capítulo de las obsesiones, esos dos cerros rocosos, Lola y Pepa, que constituyen el corazón de la novela y que los republicanos tardan seiscientas páginas en intentar escalar, verticalmente, bajo el fuego enemigo: me resulta imposible no ver en ellos la sombra del Faito y el Majo, los dos últimos riscos de Montecasino donde mi padre combatió y se distinguió junto a una unidad de "judíos indígenas" del ejército de África, en condiciones muy similares.

Pero dejemos a un lado las reminiscencias y los fantasmas. Nos queda Línea de fuego: una de esas rarísimas y grandiosas novelas que logran atravesar el estruendo de las armas para transfigurar la guerra en Literatura.

https://www.elespanol.com/opinion/columnas/20260928/guerra-hace-palabra/1003744397054_12.html

14 septiembre 2026

Ligne de feu, Arturo Perez-Reverte

Gilles Cervera - lacauselitteraire.fr - 14/09/2026

L’œuvre d’Arturo Perez-Reverte est considérable. De sagas en séries historiques, Perez-Reverte éblouit. Par son sens du détail, ce qu’on pourrait nommer sa technique de précision, une science à part. à mi-chemin entre journalisme, son premier métier, reporter de guerre, il en fut, et le roman total dont la focale est autant large et universelle que microscopique et infinitésimale. Balzacien au plus contemporain du terme!

Ligne de feu paraît dans la célèbre Collection Du monde entier de Gallimard.

Nous sommes fin juillet 1938 et l’Èbre est à franchir. La bataille de l’Èbre serait en Espagne ce que notre Verdun raconte à nos consciences, rien qu’à prononcer ses six lettres de sang et de feu, de mort et de cendres. L’Èbre est à franchir, un verrou catalan de cette guerre d’Espagne entamée depuis deux années et qui a vu Belchite ou Teruel tomber. Tomber?

"À la guerre, a-t-il appris en voyant mourir les hommes, on pense moins avec la tête qu’avec les yeux".

Perez-Reverte a la formule puissante. Il nous convainc à chaque page de ce long roman qui en compte plus de six-cents. Il nous convainc de lire encore, ne pas s’arrêter, se laisser aller à ce feu où chaque ligne flambe. Il n’y a pas de bonne guerre ni de guerre juste. Une guerre civile est sans doute de l’ordre du pire. Se battre dans la même langue. Pérez-Reverte fait tourner fou son lecteur en le faisant être d’un côté et de l’autre. S’identifier tour à tour aux deux côtés de la folie. On est Républicains avec les Républicains. Du reste, avouons qu’on l’est davantage mais rien ne nous freine pour nous attacher au menuisier embarqué de l’autre côté, pour qui, pour quoi, n’a-t-il pas un moment voté à gauche dans son quartier de Madrid?

"Gorguel voit, stupéfait, le chapelet de décharges devant lui, et la nuit entière est déchirée d’éclats et de détonations. Il n’a toujours pas de fusil ; d’ailleurs, il ne saurait qu’en faire. Des grenades tombent, ce qui indique que les autres sont beaucoup plus près qu’on ne s’y attendait, à quelques mètres. Dans le vrombissement des balles qui passent, frappent les pierres, les arbres et, sinistres, claquent dans la chair, les hommes crient et la troupe se débande.

« Prenez ça, fascistes…. Saloperies ! » leur crie-t-on d’en face".

La guerre d’Espagne est la pire et inguérissable maladie du XXème siècle. Qui annonce Staline et Hitler, les deux monstruosités, prémices de tant d’autres et faisant suite à beaucoup. L’Espagne nous mine et nous minera longtemps, nous, les Européens.

Perez-Reverte fascine autant qu’il révulse.

Que fait-on, lecteurs à rester sous ces feux contraires, dans ces idéologies morbides et adverses, folles l’une et l’autre, que reste-t-on à lire des après-midis sous ce nuage de poudre, parmi ces chairs calcinées, ces oliviers que les grenades arrachent ou sous ces tanks aux roues qui crament quand la bouteille enflammée les atteint ? Le lecteur est pris de haut-le-cœur et sans doute n’est-ce rien, chochotte, à l’aune de ce que ces femmes et ces hommes ont enduré. Perez-Reverte a documenté son roman avec une précision entomologique. À la manière d’une série moderne, sa caméra des mots suit le destin de chaque côté avec les mêmes empathies, les mêmes chagrins quand l’un y reste, déchiqueté, injustement, toujours injustement. Ils seront trente ou quarante mille à rester dans ce recoin d’Èbre. Cent mille blessés ou déracinés.

Combien de fois la passerelle sera reconstituée par les pontonniers et explosée par l’aviation franquiste ?

"Ce n’est pas elle qui va s’émouvoir d’un Maure liquidé. Même si le malheureux a les mains attachées derrière le dos. Un jour, se dit-elle en regardant le cadavre, quand le monde sera meilleur qu’il ne l’est aujourd’hui, même les gens comme cette charogne qui pourrit au soleil seront rachetées par la lutte finale, avec la justice, le pain, l’éducation et la culture".

Voilà le côté de cette belle Pato, cheveux courts, qui pourrait être notre sœur et qu’on voit vivre avec sa technicité et son ingéniosité, affrontant la solitude du front qu’elle traverse pour tendre des câbles permettant de communiquer entre états-majors ?

De son côté, Marx est dieu, Staline son saint et la lutte finale un horizon.

De l’autre, dieu est dieu tout simplement. Un curé bénit chaque soldat plusieurs fois avant qu’il ne monte au carnage. S’il ne revient pas, parfois, il est enterré sans bénédiction. Pas le temps. Trop de cadavres à traiter.

D’un côté le marxisme avec des commissaires politiques assez moscovites et carrément paranoïdes : 

"Ne commençons pas, mon vieux… On va pas passer notre vie à chercher des traitres sous chaque caillou."

Dans le camp d’en face, foi et force !

La guerre, se dit Pardeiro tout en regardant le sergent s’éloigner, est surtout une question d’arithmétique : Dieu aide les méchants quand ils sont plus nombreux que les bons.

Les mètres sont gagnés. Perdus. Regagnés. Les maisons conquises, perdues, reconquises, anéanties. Le roman épuise et les pitons qu’on conquiert, le village qu’on habite, brûle. Les cloisons mitoyennes de Castellets sont percées pour que s’y faufilent les hommes. Le face à face est à tous coups une mort en face.

Ils ont faim, ils ont soif, ils manquent de tout. Ils savent qu’il vont mourir. Ils se demandent ce qu’ils font là. À quel moment ils rentreront serrer leur mère, embrasser leur amoureuse, moissonner. C’est la même histoire de toutes les guerres. Perez-Reverte tient son stylo comme d’autres un scalpel. Le roman est lyrique et clinique.

Le roman est épique, tellement dérangeant. Les héros se font face, se tuent tout en s’admirant, car ils peuvent être du même village, parler le même dialecte :

"-Bien, aussi gauchos qu’ils soient. En vérité, on ne s’est pas dit grand-chose. Une petite remarque, comme ça, en passant. On dirait bien qu’on leur a fichu une raclée.

- Ils avaient l’air de quoi ?

-Pas mal dans leur genre. Des types qui n’ont pas froid aux yeux.

- Communistes ?

-Je suppose. Il y en avait deux avec des foulards rouges. Sûr que ce ne sont pas des enfants de chœur, plutôt des bagarreurs comme nous…"

La guerre est moche. Elle transforme :

"Personne n’est comme ça avant de le devenir".

Résumons : On savait des guerres civiles qui explosent les familles, les villages. On savait de ces verrous qu’il faut passer. On savait qu’en passant l’Èbre, ou la Meuse, ou Le Dniepr, peu importe le nom du fleuve, le sang colore ses flux, ça, on le savait.

On croit qu’on peut en comprendre dans ce roman d’histoire actuelle, de ce qui se passe dans les cent conflits du monde, en ce moment-même. Au Tigré, au Soudan, au Yemen et à travers tant de vallées sèches à traverser au péril de son corps et de sa pensée. Pense-t-on quand on court ?

"C’est bizarre. C’est courir le long du fil d’un rasoir. C’est littéralement ça, courir".

Le fascisme a gagné en Espagne. Il gagne souvent car on le voit depuis le fond des tranchées jusqu’au faîte des états-majors, la gauche se prend les pieds dans la gauche alors que la droite, ici, les Carlistes, foncent tout droit avec une seule et unique croix pour fusil et des chefs sans état d’âme. Ou peu !

Ce roman n’est pas manichéen. Il est plutôt nietzschéen, c’est-à-dire de nuances ! Il nous promène. On voit l’homme qui est double ou triple et si seul, si seul toujours face à la puissance qu’il n’a pas.

https://www.lacauselitteraire.fr/ligne-de-feu-arturo-perez-reverte-par-gilles-cervera

23 agosto 2026

Publicación de la versión francesa de 'Línea de fuego'

90 ans après, l'écrivain Pérez-Reverte replonge dans la sanglante Guerre d'Espagne

AFP - 23/08/2026

Quatre-vingt-dix ans après son déclenchement, la Guerre d’Espagne n’en finit pas de hanter les mémoires, dont celle du célèbre écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte, qui fait revivre à hauteur d’homme sa bataille la plus sanglante.

'Ligne de feu' (Gallimard), sorti cette semaine, est un gros roman choral de 650 pages dans lequel l’auteur décrit minutieusement la bataille de l’Ebre, qui marque en 1938 la dernière grande offensive des forces républicaines et leur échec face aux nationalistes de Franco. C’est le premier ouvrage que le prolifique Arturo Pérez-Reverte, pilier des lettres espagnoles avec près de 50 livres [sic] traduits en une quarantaine de langues, consacre à la guerre civile.

L’écrivain a tenu à l’écrire car «les personnalités politiques espagnoles, aussi bien de droite et d’extrême droite que d’extrême gauche, qui n’ont pas connu la guerre civile et n’en savent pratiquement rien, en ont fait un instrument politique», explique-t-il dans un entretien à l’AFP à Paris. A la sortie du livre en espagnol en 2020, il a été critiqué pour avoir placé les combattants des deux camps sur un pied d’égalité. Mais, pour lui, tous ceux qui luttaient dans les tranchées étaient, avant tout, des «êtres humains, des jeunes effrayés, des pères de famille inquiets pour leurs enfants et leur épouse, des hommes qui tuent et souffrent», énumère-t-il.

Comme dans plusieurs de ses autres livres, l’auteur de 74 ans nourrit son œuvre de l’expérience de deux décennies de reportages de guerre. «J’ai l’avantage de porter avec moi un bagage de vie important. Et quand je raconte la douleur, l’échec ou la mort, je n’invente rien. Il me suffit de me souvenir», relate l’ex-journaliste ayant couvert une vingtaine de conflits en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l’Est à partir des années 1970. «La guerre a une odeur qui lui est propre, qu’on n’oublie jamais, une sorte d’odeur de chair en décomposition et de plastique brûlé», se souvient l’écrivain.

Arturo Pérez-Reverte, qui a connu un grand succès avec 'Le Maître d’escrime' et 'Le Tableau du maître flamand', publiera en octobre son prochain roman, 'La hipótesis más peligrosa' ('L’hypothèse la plus dangereuse'). Peu avant, sera mise en ligne sur Netflix une mini-série adaptée de son ouvrage 'Le problème final', qui vient s’ajouter à d’autres adaptations de ses œuvres, comme 'La Neuvième Porte' avec Johnny Depp, et 'Alatriste' avec Viggo Mortensen. Bien qu’il se définisse comme un 'analphabète du numérique', le romancier est très actif sur les réseaux sociaux, où il rassemble 2,5 millions d’abonnés rien que sur X. Mais Arturo Pérez-Reverte estime ne pas avoir besoin de l’intelligence artificielle. S’il dit avoir parfois recours à Google, il consulte surtout sa vaste bibliothèque, qui compte plus de 35.000 volumes. 'Mon IA, ce sont les livres', résume-t-il.

https://www.la-croix.com/90-ans-apres-l-ecrivain-perez-reverte-replonge-dans-la-sanglante-guerre-d-espagne-20260823

'Ligne de feu', d’Arturo Pérez-Reverte : dans l’enfer espagnol

Christian Authier - Le Figaro Littéraire - 28/08/2026

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 1938 commença, durant la guerre civile espagnole, la bataille de l’Èbre, qui se solda, près de quatre mois plus tard, par 20.000 victimes et la victoire des nationalistes précipitant la chute de la République. Avec son nouveau roman, Arturo Pérez-Reverte raconte les dix premiers jours de cette bataille autour du village de Castellets del Segre au cours de laquelle les forces républicaines lancent une offensive visant à fixer l’ennemi dans une opération de diversion.

À travers cet épisode imaginé par l’écrivain, mais s’inspirant de personnages réels, le lecteur va découvrir et suivre Patricia Monzon, jeune militante communiste en charge des communications, le dynamiteur Julian Panizo et son camarade Francisco Olmos, le légionnaire Santiago Pardeiro, le monarchiste catholique Oriol des Forques, le caporal maure Seliman, les journalistes étrangers Phil Tabb et Vivian Szerman, le photographe Chim Langer, d’autres encore suscitant l’admiration ou l’effroi.

On pense…

https://www.lefigaro.fr/livres/ligne-de-feu-d-arturo-perez-reverte-dans-l-enfer-espagnol-20260828

15 julio 2026

“La guerra tiene su olor particular, no se olvida nunca”


Esther Sánchez - infobae.com - 16/07/2026

“La guerra tiene su olor particular, no se olvida nunca”. El escritor español Arturo Pérez-Reverte, autor de superventas como la saga del capitán Alatriste, nutre sus obras con retazos de sus dos décadas como reportero en conflictos.

“Un escritor es lo que ha leído, más lo que ha vivido, más lo que imagina [...]. Tengo la ventaja de que yo tengo una mochila de vida importante para mí”, explica el autor, uno de los más conocidos de las letras españolas actuales. “Cuando cuento el dolor, el fracaso, la muerte, no me lo estoy inventando... me basta recordar”, dice el escritor en París, donde promociona 'Línea de fuego', sobre la guerra civil española (1936-1939).

Pérez-Reverte, autor de superventas como 'El maestro de esgrima' y 'La tabla de Flandes', empezó su trayectoria profesional como corresponsal de guerra, en los años 1970, lo que le llevó a cubrir una veintena de conflictos en América Latina, Oriente Medio, África y Europa del Este. En una entrevista con esta agencia en la sede de la prestigiosa editorial Gallimard, que publicará en Francia a finales de agosto su novela sobre el conflicto español, Pérez-Reverte se explaya sobre algunos de los momentos que vivió durante su etapa de corresponsal, en las contiendas en Líbano o Etiopía. “La guerra tiene su olor particular, no se olvida nunca”, asegura este murciano de 74 años. “Es una especie de olor a carne podrida, a plástico quemado”.

Precisamente en 'Línea de fuego', publicada en español en 2020 y reeditada en 2026 en conmemoración de los 90 años del estallido del conflicto, Pérez-Reverte volcó parte de su “mochila de imágenes” para construir este fresco histórico centrado en una decena de días durante la batalla del Ebro, en 1938, la más sangrienta de la guerra. En esta novela coral, ganadora en España del Premio de la Crítica 2020, el escritor presenta a combatientes de los dos bandos enfrentados –el franquista y el republicano– en pleno ataque a una pequeña localidad. Entre estrategias, destacamentos, granadas y disparos, los personajes sobreviven como pueden en el frente.

Pérez-Reverte describe con minuciosidad los avances de unos y otros, los heridos en el frente, el cansancio y la sed, la angustia de los que quieren huir. Ante los que critican el hecho de presentar los dos bandos al mismo nivel, el escritor insiste en que para él los que estaban en las trincheras son todos “seres humanos”. “Chiquillos asustados, padres de familia preocupados por sus hijos, por su mujer, mujeres que sufren, hombres que matan, que sufren”, enumera. “Son por la mañana héroes y por la tarde villanos”.

El escritor, miembro de la Real Academia Española desde 2003, es autor de medio centenar de libros, traducidos en más de 40 idiomas, pero nunca antes había centrado una de sus obras en la guerra civil española. ¿Qué le motivó ahora a hacerlo? “Los políticos españoles, tanto de derecha, de extrema derecha como de extrema izquierda, que no conocen ya la guerra civil ni saben nada de ella, la han recuperado como una herramienta política”, responde. “Están contando la guerra civil gente de una generación que ni la vivió, ni la leyó, ni se la han contado”, dice el escritor, cuyo padre y tío combatieron en el conflicto.

Pérez-Reverte publicará su próxima novela, 'La hipótesis más peligrosa', en octubre, y poco antes verá la luz la miniserie en Netflix sobre 'El problema final', una adaptación más que se suma a las ya conocidas 'La novena puerta', con Johnny Depp, o 'Alatristre', con Viggo Mortensen, entre otras.

Aunque se define como “analfabeto digital”, el novelista se mantiene muy activo en las redes sociales, donde cuenta con 2,5 millones de seguidores sólo en X. Para él, su cuenta en X “es una herramienta útil, eficaz, que me da alegría, me divierte mucho”. Y eso pese a las frecuentes polémicas que desata con sus mensajes, desde criticar a políticos a quejarse por un inodoro tecnológico con instrucciones de uso. Sobre la inteligencia artificial, asegura que no la necesita. Afirma que utiliza de vez en cuando Google, pero que sobre todo recurre a su inmensa biblioteca, con más de 35.000 volúmenes. “Mi IA son los libros”, dice.

https://www.infobae.com/cultura/2026/07/16/arturo-perez-reverte-la-guerra-tiene-su-olor-particular-no-se-olvida-nunca/

29 abril 2026

“Ahora el mundo está lleno de escritores que no han leído un libro en su vida”


Entrevista de Guillermo E. Pintos - infobae.com - 29/04/2026

“¡Pero si el ser humano no ha cambiado! El ser humano sigue siendo un hijo de puta”, suelta con una sonrisa Arturo Pérez-Reverte en un coqueto salón de un hotel de Recoleta, allí donde casi siempre suele pasar sus temporadas porteñas. Le fascina esta ciudad, cuenta, desde la primera vez que la visitó a mediados de los 70. Y le sigue pareciendo fascinante. Por eso la quiere. “Casi no viajo. Sí por Europa, pero más lejos solo vengo a Argentina”, confiesa el escritor español "best seller", polemista y hábil declarante.

Pérez-Reverte, todo un personaje, reflexionó sobre la naturaleza humana y su evolución, el estado de las cosas en Occidente y el devenir de su estilo literario en un extenso y relajado diálogo que se da a propósito de su participación en la Feria del Libro de Buenos Aires para presentar, nada menos, la octava aventura de su gran creación, el Capitán Alatriste. La conversación con Infobae Cultura, marcada por una mirada sin concesiones sobre la vida, la literatura y el paso del tiempo, recorrió también los silencios y los límites de una de las polémicas culturales (y políticas) del año en su país.

“¿Ha leído 'La península de las casas vacías'?”, se le preguntó. Y él respondió tajante: “No”. Y enseguida agregó: “No quiero hablar de esto, porque si hablo de esto va a salir en España... Es un tema que cerré por completo”. Breve explicación para el lector que eventualmente no sepa de qué se trata todo esto: el libro aludido fue escrito por el joven autor David Uclés, un autor de moda en la literatura española, ganador del premio Nadal 2025. Y la polémica surgió cuando Uclés decidió no participar en unas jornadas sobre la Guerra Civil española coorganizadas por Pérez-Reverte, al discrepar del título del evento (“La guerra que todos perdimos”) y de la presencia de ciertos ponentes. Pérez-Reverte criticó duramente la decisión de Uclés, calificándola de descortesía. El conflicto provocó la suspensión temporal del evento y abrió un debate sobre la memoria histórica y el papel político de los escritores en España. Punto.

Vuelta a la literatura de aventuras que tan bien escribe Pérez-Reverte y le ha valido cifras relevantes de venta de ejemplares y reconocimiento global (fue traducido a más de 40 idiomas). 'Misión en París'. Las aventuras del Capitán Alatriste se desarrollan apenas un año después de 'El puente de los Asesinos' (Alfaguara, 2011), la entrega que transcurre en Italia. Casi 30 años después del inicio de la saga y 14 desde la última entrega hasta ahora, Pérez-Reverte traslada a sus personajes a La Rochela, epicentro de la resistencia hugonote frente al rey Luis XIII de Francia, asediado por el cardenal Richelieu y con la injerencia de los ingleses, siempre dispuestos a complicar las cosas. En esta nueva misión, Alatriste y sus compañeros se ven envueltos en una trama llena de incertidumbre y guerra de religiones, sin saber del todo a qué intereses responden hasta bien entrada la historia. Como dato de color, la novela introduce cameos de los legendarios personajes de Alejandro Dumas: los tres mosqueteros y D’Artagnan.

—Pasaron catorce años entre un Alatriste y otro... Cambió el mundo, cambiaron los lectores, ¿También cambió usted?

—¡Pero si el ser humano no ha cambiado! El ser humano sigue siendo un hijo de puta. Sigue siendo un hijo de puta al que a veces le sale la parte buena, pero por lo general no ha cambiado. Es el mismo, es el mismo.

—¿Y Alatriste?

—Alatriste se ha hecho más oscuro, porque también el autor se ha vuelto más viejo. Es decir, todo viene de un proceso de demolición. Eso lo decía Scott Fitzgerald... Entonces, claro, uno sale del punto de partida de Alatriste en su mundo y yo en el mío. Salimos del punto de partida con un montón de palabras con mayúscula: Dios, Patria, Bandera, Religión, Amor. Y después la vida poco a poco nos va dando zarpazos y nos va demoliendo... Y al final llegamos a un momento (cada uno tiene el suyo). Todos llegamos a ese momento en el cual dices: “¿Qué me queda? Me quedan cuatro palabras o tres. ¿Qué hago? Bueno, tengo que vivir. Tengo que relacionarme, necesito un lugar donde no tener frío, donde respetarme a mí mismo, ¿no?”. ¿Qué me queda? Pues me queda... Amor, dignidad, valor, lealtad y poco más. "Bueno, pues con eso que me ha quedado", digo, "voy a hacerme una segunda ética práctica para poder aguantar hasta que termine la aventura". Ese es el proceso vital de todos, más o menos. Unos son conscientes, otros no, pero es el proceso. Yo soy consciente del mío por la vida que he llevado. Entonces, Alatriste es consciente de eso. Y yo le presto a Alatriste esa mirada, esa certeza de la demolición. Alatriste mira el mundo como lo miro yo. Yo no soy Alatriste, ojo. Tengo otros fantasmas, pero no esos, ni soy un asesino a sueldo. Pero es verdad que cuando miro el mundo, digo: “Esto me vale”.

—En el relato, el capitán aparece en una época muy especial de Francia, y coincide con personajes tan populares como los mosqueteros. ¿Por qué esa elección y qué relación tiene con su propia experiencia como lector?

—Primero, yo, como lector, cuando leí 'Los tres mosqueteros' me cambió la vida. Yo lo leí con ocho, nueve años, y quedé fascinado. Imagina: con ocho años descubrí la lealtad, la amistad, la mujer peligrosa, el amor inocente, el valor, el desafío, la arrogancia...

—La traición.

—La traición, el poder, el poder en la sombra, los tentáculos del poder, la conspiración. Me quedé fascinado. Pero claro, hay dos tipos de lector, y los dos son respetables. Uno es el lector testigo, que se sienta como el que ve una película: 'Los tres mosqueteros', 'Madame Bovary', 'Los hermanos Karamazov'... Y después está el lector actor: el que entra en la historia, el que se ve dentro, el que forma parte y a quien la historia le cambia su vida, porque él es uno de ellos. Yo era el quinto mosquetero. Y me huelo que tú también eres ese tipo de lector. Ese lector es distinto, porque ese lector hace suya la historia, participa de ella. Incluso influye en ella. La actividad del lector, su actitud la modifica. O sea, no es igual tratar con Milady de Winter desde dentro que desde fuera. Después te pasas la vida buscando a Milady. A ver, entre Milady y Constanza, ¿a quién me quiero follar? Prefiero a Milady... Yo era ese tipo de lector. Y aquí vengo con esa memoria lectora, con esa mirada. Para mí este libro no es una novela, ha sido una especie de de inmersión durante un año y un poco más, una inmersión gozosa. Yo estuve, otra vez, dentro de 'Los tres mosqueteros', y además hice una cosa que me satisface mucho: uso mis personajes, uso los personajes de otro y los ubico en mi propia imaginación. Es una especie de deuda que tuve con Dumas desde siempre, y este es un acto de justicia lectora. Porque insisto: yo no soy un artista, soy un tipo que cuenta historias. Soy un lector que accidentalmente, por ser lector, he escrito. Ahora el mundo está lleno de novelistas, de escritores que no han leído un libro en su puta vida. Basta mirar, basta oír. ¿Pero cómo se atreve a decir que ha escrito un libro? Eso que está contando ya está contado desde Sófocles hasta ahora. Entonces, yo soy un lector. Soy escritor como consecuencia de ser lector, no es al revés. Yo conozco novelistas, y esto lo sé, que me han llamado, novelistas jóvenes. Te llaman para ver qué libros deben leer ahora que son novelistas. Lo mío es una consecuencia. Mañana podría dejar de escribir y sería igual de feliz. O casi, porque leer es lo fundamental. Y además, eso me lleva a otra cosa, que es muy interesante para mí. Cuando has leído lo suficiente (claro, son 75 años y no es mérito, es que son muchos años con libros en la mochila) te das cuenta de que hay libros que ya te han dado todo lo que tenían que darte. Yo leo 'Madame Bovary' por sexta vez, o leo 'La cartuja de Parma' por tercera vez, o leo 'La montaña mágica' por quinta vez, o 'París era una fiesta' por décima vez (es un libro extraordinario, el mejor libro de Hemingway, sin duda, ese es el libro de verdad, el que escribió ya de mayor, cuando no era un fantasma fanfarrón y era un escritor cuajado), y todo tiene su explicación. Hay libros que ya han cumplido su misión, que ya te han dado todo lo que te podían dar. No porque tú seas muy listo, sino porque los has leído tanto que los has exprimido como un limón, ¿no Y hay libros que todavía están ahí. Yo cuando leo a Joseph Conrad, fíjate, hay una cosa curiosa. Yo empiezo a leer a Conrad con quince años. Mi libro favorito es 'La línea de sombra', que es extraordinario. Después, mi libro favorito fue 'Lord Jim'. Después, mi favorita fue 'Victoria'. Y ahora mi favorita es 'El rescate'. ¿Por qué? Porque yo he ido evolucionando. El niño, el jovencito que leía a Conrad, ahora es el veterano de 75 años que lee a Conrad. Descubro cosas que antes no era capaz de ver. Hay libros que todavía te enseñan cosas que no has visto. Y eso me pasa ya con muy pocos. Pero aparte de esos libros, lo que me hace sentir esa especie de excitación, de estímulo, es la novela policíaca. Siempre he leído novela policíaca, pero ahora es lo que más leo. Lo que me hace sentir estremecimiento como lector.

—¿Es un género subvalorado, para usted?

—Bueno, 'El asesinato de Roger Ackroyd', de Agatha Christie, es una obra maestra tan buena como 'Crimen y castigo', de Dostoievski. Solamente que responde a otro nivel, otro momento, otra exigencia. Pero es una obra maestra.

—Al principio de esta entrevista mencionó la palabra "aventura". ¿Piensa que su vida ha sido una aventura?

—Sí, pero yo no la busqué. Es que mi vida ha sido como... Javier Marías y yo tuvimos la misma formación de niños: mismas lecturas, mismas historietas, mismo colegio, mismo tipo de familia. Él quería escribir las novelas que había leído, yo quería vivirlas. Eso fue lo que después en la vejez nos unió. Yo salí de mi casa a vivir aventuras, a conocer a Milady, a conocer a D’Artagnan, y la vida me fue llevando. Hay distintas etapas. En el momento en que la aventura se transformó en trabajo profesional y me vuelvo periodista responsable, serio, ya dejó de ser aventura. Pero cuando ahora miro para atrás, claro, la aventura... Han pasado muchas cosas. He vivido... Empecé a viajar con veinte años, en los años 70. No existía ni el sida todavía. Viajé por África, por Asia, por América, por todos lados. Me pasó de todo. Conocí chicas, amigos, viajes. Eso es una aventura. Mirando para atrás, ha sido una aventura. Pero hay una frase de Conrad que dice que la aventura en realidad era la vida. Pero mi vida todavía es una aventura. Te casas, tienes hijos, te divorcias, luchas en el trabajo, intentas ser digno de mil cosas. Pero mi aventura fue más explícita, más clásica. Pero en realidad es lo mismo que un delincuente, que un médico de urgencias, que un policía pueda haber vivido.

—¿Cómo vive ahora esa etapa?

—He descubierto un espectáculo fascinante que también en mis novelas se va manifestando y se va filtrando. Pensaba que la vejez era la indiferencia, y es verdad. La vejez es que llega Monica Bellucci y te dice “ven” y tú dices: “Joder, hostia, son las cuatro de la mañana, Monica”. Esa es la vejez. Pero esto me produce un estímulo. Es muy interesante el espectáculo al que estoy asistiendo. Ves cómo se repiten los viejos mecanismos de la historia. Lo que había leído otra vez, ahora lo vivo en mi casa. Lo había vivido en otras, pero ahora es en la mía.

—Este año se cumplieron sesenta [noventa] años del inicio de la Guerra Civil y hubo toda una sensación de retrospectiva histórica en España.

—Yo tengo un libro que se llama 'Línea de fuego' sobre la Guerra Civil. Un libro gordo, ha ido muy bien y sigue yendo muy bien. Es así: de mi generación, nuestros padres vivieron la guerra civil combatiendo. Mi familia combatió: mi padre, mi tío y mi abuelo combatieron con la República. Pero la Guerra Civil fue un proceso muy complejo, donde se dieron cita muchos factores políticos, geoestratégicos, geopolíticos con nazis, comunistas, fascistas, la Iglesia, la República, anarquismo, socialismo, falangismo... Muy complicado. Fue una trampa en la cual el país se vio metido. Te pongo un ejemplo: mi padre y mi tío, que eran chicos de buena familia, lucharon con la República. Mientras que mi suegro, que era un joven izquierdista, luchó con los nacionales de falangista, porque vinieron al pueblo y dijeron: “Vosotros, al camión”. Le tocó estar allí. Fue una trampa en la cual España quedó atrapada. Hay un caso que me contó un periodista: en el frente de Huesca había posiciones a treinta metros unos de otros. Un chico de 19 años, con los nacionales. “¿Hay alguien de Tardienta?”. “Sí, yo soy de Tardienta”. “¿Quién es?”. “Soy Pepe, el hijo del estanco”. Un silencio. “Pepito, soy Paco, tu hermano”. Un silencio. El capitán le dice: “Júrame que no te vas a pasar”. Le responde: “Le juro que no me voy a pasar”. Y durante una hora dejaron que los dos hermanos se encontraran y se abrazaran. Luego estuvieron siete años sin verse otra vez. Eso es la guerra civil.

—¿Por qué hay tanta polémica con la memoria histórica y el relato hoy todavía, 60 [90] años después?

—Ahora, una generación de Podemos, de extrema izquierda, está diciendo que la Guerra Civil fue dos militares, dos obispos y dos banqueros contra el pueblo español. Se está imponiendo ese discurso, pero la guerra fue mucho más compleja, donde hubo hijos de puta en todos los bandos, donde hubo fusilados. Lo que pasa es que unos, como ganaron la guerra, sacaron a fusilar y otros tardaron mucho, pero todo el mundo sufrió. Ese es el discurso. Contra eso escribí ese libro y son estas jornadas. De ahí viene toda la polémica.

https://www.infobae.com/cultura/2026/04/29/arturo-perez-reverte-ahora-el-mundo-esta-lleno-de-escritores-que-no-han-leido-un-libro-en-su-vida/

12 abril 2026

Pérez-Reverte lanza el guante sobre la guerra: "¿Hay diferencia moral entre un muchacho que murió con gorrillo republicano y otro con boina de requeté?"


Entrevista de Daniel Ramírez - elespanol.com - 12/04/2026

Le mete una ensalada de leches espectacular. Falcó a Hemingway. En realidad, es Arturo Pérez-Reverte, hacedor de ese universo, el que lo decide, el que golpea al Nobel de la barba blanca con cierto ánimo de divertida venganza.

Ahora, Reverte, que cuelga el sombrero y el abrigo en un perchero de madera de la RAE, publica 'Enviado especial' (Alfaguara, 2026), sus crónicas de guerra. Y ese título nos empuja a la carcajada porque entrevemos en él una provocación. Es el mismo título que encabezó las crónicas bélicas de Hemingway.

Reverte ama y fustiga a Hemingway a partes iguales. Porque sabe lo que hacía el escritor como corresponsal en las guerras de otros. Reverte también ha vivido esa vida. Beber, descargar adrenalina, pasárselo bien, escribir, pisar el cigarro en el suelo y volver en un avión… cuando los demás, las víctimas de la guerra, se quedan. Y se matan. Destruyendo un país que no es el tuyo.

Hemos venido a hablar de la guerra en su totalidad. Esas crónicas que ahora podemos leer, que al fin están al alcance de cualquier lector, y no en el sótano de una hemeroteca, son el bagaje que explica 'Línea de fuego' (Alfaguara, 2020), su novela sobre la Guerra Civil que ahora se reedita con un prólogo por los noventa años de la contienda.

Vamos a despojar a Reverte de la americana, de los pantalones de pana, de los zapatos limpios. Vamos a reabrirle las cicatrices. Para que manen la sangre y se levante el polvo. Para llevarlo de la mano desde su infancia, donde entrevió nuestra guerra, hasta todos esos países donde contó las guerras de los demás. Vamos a hablar de sus lecturas, de las cartas escondidas en casa, de las frases veladas de sus padres y abuelos, de la educación nacionalcatólica, de la memoria republicana, del tardofranquismo, de la irrupción de la Democracia. De la biblioteca fratricida, con libros de hunos y hotros, que ha ido construyendo y que ha acabado por devorar una pared de su casa como si fuera una enredadera. Demasiado buena como para respetarla; demasiado pesada como para poder robarla.

—Su padre, su tío y su abuelo lucharon por la República. Hablemos de ellos en 1939. ¿Qué le pasó a su abuelo?

—Mi abuelo fue depurado por haber estado en la Marina, en el lado de la República, durante la guerra. Estuvo en el arsenal. Lo juzgaron y lo metieron en la cárcel. Estuvo allí porque le tocó. Como pertenecía a una familia conocida en Cartagena, lo avalaron y lo soltaron, pero perdió su trabajo y estuvo cinco años sin empleo. Lo pasó muy mal durante unos años, antes de poder recuperar su vida.

—¿Y su tío Lorenzo? Fue, quizá, el familiar más importante durante la escritura de la novela.

—Sí, porque, entre los tres, mi tío Lorenzo fue el que más estuvo en los frentes de batalla. Formaba parte de una unidad de choque. Lo hirieron en el frente. Poco después de la guerra, salió un día a un baile, agarró una pulmonía y se le complicó a causa de las heridas que tenía. Murió muy pronto, a principios de los cuarenta.

—Su padre.

—Mi padre iba a ser marino; quería ser marino, pero no pudo por la guerra. Le tocó también en la República, lo llamaron a quintas cuando estaba estudiando Ingeniería. En 1939 le obligaron a hacer la mili de nuevo, esa vez en Logroño.

—Para "reciclarse", entiendo. Les pasó a muchos republicanos: una mili para alumbrar "un soldado nuevo".

—Solía contar que lo pasó peor en esos dos años de segunda mili que en la guerra. Los tres tenían un perfil poco ideologizado cuando se produjo el golpe. Era lo que se suele decir: "Les tocó allí".

—Usted nació doce años después de la guerra. ¿Su padre y su abuelo le hablaban de lo que pasó?

—No. Jamás. Nunca me hablaban de la guerra siendo niño. A mis amigos sus padres tampoco les contaban. No querían envenenarnos. Querían mantenernos lejos de la desolación, la vileza y la infamia a la que habían asistido. En Cartagena, además, la guerra fue particularmente dura.

—¿Por qué?

—Hubo tres años de República con una represión terrible contra "la gente de derechas". Muchos muertos de ese lado, pero también muchos muertos en general por culpa de los bombardeos. Después, cuando llegaron los nacionales, la represión funcionó igual, pero a la inversa. Fue una ciudad que sufrió muchísimo.

—¿Cómo convivían en usted, de chaval, la enseñanza nacionalcatólica del colegio y esa experiencia familiar republicana silenciada?

—No existía esa convivencia porque en mi casa, en la mayoría de las casas, no se hablaba de la guerra. Mi abuelo y mi padre, lo entendí después, quisieron evitar, como muchos en su generación, que los muchachos desarrolláramos un instinto de rencor. No querían que nosotros pasáramos por algo así. En Cartagena, donde nací y crecí, esta circunstancia era muy habitual. La gran mayoría de mis amigos pertenecía a familias que, en el principio de la guerra, fueron republicanas. Y no nos contaban.

—¿Qué intuye que había dentro de su padre y de su abuelo ahora que ha pasado tanto tiempo? Me refiero a lo más concreto, a cómo educar a un hijo en un contexto así.

—Querían que miráramos al futuro. Creo que pensaban: "Esta España [la de Franco] un día dejará de ser así y habrá que estar preparados para ser libres". En mi casa ponían muchos libros en mis manos porque la lectura era una forma de libertad. Leer, seguro, me ayudó mucho entonces. Pero me ayudó muchísimo también como periodista, en mis días de corresponsal. Lo que veía en la guerra lo había leído en los libros. Y por eso lo digería. De no haber leído algunos libros, creo que me habría vuelto loco.

—¿Cómo eran las huellas de la guerra? Me refiero a las inevitables, a todas esas cosas que estaban ahí y acababan trascendiendo el silencio en un descuido.

—De repente encontrabas una bala guardada en un cajón. Y lograbas enterarte de que era la bala que le habían extirpado al tío Lorenzo en la guerra. De repente encontrabas una carta: "Querida mamá, te escribo desde…". Yo estudié en los Maristas, que era un buen colegio. Quiero decir: había una parte de la formación indudablemente política, al estilo de la época, "del espíritu nacional", pero el resto era muy interesante. Crecí sin traumas. Había una expresión muy tópica que definía aquel ambiente, aquel silencio.

—¿Cuál?

—"Eso fue antes de la guerra; eso fue después de la guerra".

—Como el antes y después de Cristo.

—Utilizaban la guerra como una referencia temporal, como un parteaguas entre dos vidas. Entre dos mundos. Pero la guerra no era una referencia política ni en mi casa ni en la de mis amigos. Sólo lo era en la formación política del colegio, en la efeméride "de la victoria".

—Aquellos cuadernillos de la Formación del Espíritu Nacional.

—En Historia de España había materiales sobre el régimen de Franco, "que salvó a la nación de las hordas rojas", y todo eso. Lo que estaba mucho más cerca de nosotros en nuestro día a día, paradójicamente, era la Segunda Guerra Mundial.

—Porque no era material inflamable a ojos de los mayores.

—De eso sí hablábamos muchísimo: de los americanos, de los alemanes, de los franceses, de los japoneses… Veíamos algunas películas, leíamos tebeos. Fíjese: estoy cayendo en esto conforme se lo cuento. En mi infancia, en mi juventud, estuvo mucho más presente la Guerra Mundial que la Guerra Civil. No había tebeos de nuestra guerra, pero sí de la guerra mundial. 'Hazañas bélicas'. Todos leíamos 'Hazañas bélicas'.

—¿El imaginario de esa guerra acabó sustituyendo al de la Guerra Civil?

—El imaginario de la Guerra Mundial opacó, sin duda, el de la Guerra Civil. Incluso jugábamos a ser alemanes, a ser americanos, a subirnos en los submarinos del Atlántico… Supongo que nuestras familias procuraron encauzarnos por ahí. Recuerdo que nos daban alas en ese sentido.

—Usted luego cubrió como periodista casi dos decenas de guerras, siete de ellas civiles. De entre lo que escuchó de niño y lo que vio en las guerras civiles después, cuente: ¿qué hace parecidas a las guerras civiles en general y qué distinguió a la española?

—Creo que la Guerra Civil española fue como son todas las guerras civiles. Cuando el enemigo resulta tan cercano operan otros factores, las cuentas pendientes. Que si me robaste a la novia, que si te llevaste a mi perro, que si me quitaste aquella tierra, que si el reparto de aquella herencia... Todo eso se replica en los pueblos y acaba teniendo su espejo en el país en general. En las guerras civiles existe una serie de factores relativos al rencor y a la familia que no está en las demás guerras. Por eso, las guerras civiles son más crueles. Siempre.

—En una guerra civil, la venganza debe de resultar muy sencilla.

—Porque sabes quiénes son los padres, los hermanos y hasta los primos de los que han fusilado a uno de los tuyos. Ese rasgo distintivo ya estaba en España antes del 36. Las guerras carlistas fueron todas ellas guerras civiles. Y muy crueles también, con episodios atroces. A la madre del general Cabrera, carlista, la fusilaron los liberales. Luego, él fusiló esposas de oficiales liberales. Esa atrocidad que iba leyendo y entreviendo sobre la guerra en España la vi replicada en Nicaragua, en El Salvador, en Angola o en los Balcanes. El mecanismo es el mismo. Cambian las circunstancias, pero el impulso se repite. Las guerras civiles dejan muchos más fantasmas que las demás. En las guerras civiles la parte más oscura del ser humano se atisba con más nitidez que en cualquier otra.

—Pasaron casi cuarenta años y decenas de libros hasta que publicó su novela sobre la Guerra Civil española. ¿Por qué? ¿Temor? ¿Pereza? ¿Desinterés?

—No quería entrar en el tema. De verdad que no quería, pero empecé a ver cómo proliferaba en España un relato sobre la guerra que no tenía nada que ver con la realidad. Fueron sobre todo los políticos los que me empujaron a escribir 'Línea de fuego'. La manipulación política lo hizo inevitable.

—Empecemos por su visión de la guerra. ¿Cuál es y qué cosas empezaban a decirse que no se correspondían con su pensamiento?

—Hay cuestiones elementales. Primero, la guerra empieza porque se produce un golpe militar contra la República legítima. El golpe no prospera y, entonces, se desata la guerra. A partir de ahí, se suceden crueldades en ambas retaguardias. Y después llega una dictadura de cuarenta años con una represión cruel y prolongada. A mí siempre me ha parecido imprescindible reseñar que las vilezas políticas de las cúpulas no se replicaban en la mayoría de soldados del frente. En mi tío Lorenzo; en el tío, el padre o el abuelo de cada español.

—Explíquese.

—Muchos de esos soldados estuvieron en un bando porque les tocó. Mi suegro, por ejemplo, era un joven izquierdista aragonés que combatió en la bandera de Falange. Mañas, uno de los personajes de la novela, es mi suegro. Mi padre y mi tío, que eran muchachos de lo que se llamaba "una familia bien", combatieron en cambio por la República. La visión de la guerra en la trinchera no puede ser la misma que la de la retaguardia o la de los políticos y generales que la dirigían. Porque no tuvo nada que ver. Y en la España de hoy se identifica continuamente la trinchera con la retaguardia. Con la novela, quería hacer honor y justicia a los muchachos que tuvieron que ir al frente.

—Es una novela, eso se percibe en todo momento, deliberadamente alejada de las retaguardias. Aunque el pueblo que usted inventa a orillas del Ebro es un lugar en torno al que sucede casi todo, no se menciona lo que ocurre en su retaguardia.

—Exacto. Yo no quería escribir una novela sobre esas retaguardias donde se robaba, se ajustaban cuentas, se violaba y se asesinaba a discreción. Para mí, y en esto Chaves Nogales lleva siendo mi guía desde hace décadas, lo mismo dan los asesinos del Tercio que los asesinos anarquistas. Todo está en su prólogo de 'A sangre y fuego'.

—Lo que le hizo fusilable a ojos de ambos bandos. Eso de decir que saldría un dictador se impusiera el bando que se impusiese.

—Lo de Chaves fue de una lucidez prematura, en el peor momento para ser ecuánime. Vuelvo adonde iba… Claro que la retaguardia fue sucia e innoble, claro que se produjo una represión terrible por parte del franquismo tras la guerra, claro que hubo una dictadura de casi cuarenta años, ¡pero honremos a todos esos muchachos del frente!

—Al inicio, en el frontispicio de 'Línea de fuego', se incluyen dos frases referidas a una y otra trinchera.

—Sí. ¿Podría pedirle que las transcribiera en la entrevista? Creo que son importantes porque resumen mucho mejor de lo que puedo hacerlo yo esto de lo que estamos hablando…

Juan Yagüe, general franquista: “Los rojos luchan con tesón, defienden el terreno palmo a palmo, y cuando caen lo hacen con gallardía. Han nacido en España. Son españoles y, por tanto, valientes”.

Vicente Rojo, jefe de Estado Mayor de la República: “La terquedad contra la tenacidad, la audacia contra la osadía; y también, justo es decirlo, el valor contra el valor y el heroísmo contra el heroísmo. Porque, al fin, era una batalla de españoles contra españoles”.

—Decía que los políticos le obligaron a escribir la novela. Le planteo una reflexión: hace diez años, quien dibujaba la República como una arcadia feliz e inmaculada era la extrema izquierda. Y ni siquiera toda la extrema izquierda. Anguita me dijo: "No debemos soñar con una Tercera República que cometa los errores de la Segunda". Carrillo, Besteiro… Muchos acabaron abjurando de cosas que allí sucedieron. Y hace diez años, quien decía que el franquismo no había estado mal era una extrema derecha sin representación parlamentaria. Hoy, el relato de la extrema izquierda lo sostiene el PSOE; y esa extrema derecha tiene más de 50 escaños. Dicho de otra manera: desde que usted publicó la novela, en estos años, el problema no ha hecho más que empeorar.

—Claro. Por eso la reedición que publicamos ahora no es casual. Ahora, esta novela, creo, es más necesaria que hace seis años, cuando se publicó. ¡Es que la guerra que unos y otros están contando no tiene nada que ver con lo que sucedió! Insisto: ¿de verdad alguien puede creerse que el soldado republicano o el soldado carlista son lo mismo que el miliciano que asesina en retaguardia o que el falangista que da el paseo en retaguardia? Es injusto. Quería y quiero lavar la imagen de toda esa gente que luchó en los frentes de batalla. Déjeme que lance una pregunta a los lectores de su periódico, la misma que lanzo a los lectores de la reedición de 'Línea de fuego': ¿existe una línea divisoria moral entre dos chicos de 17 años que, reclutados forzosos o voluntarios, pelearon con valor y murieron vistiendo uno el gorrillo miliciano y otro la boina del requeté? ¿En serio quedan imbéciles capaces de comparar a los soldados del frente con los políticos y generales de uno u otro signo, con toda esa chusma criminal emboscada en retaguardias?

—¿Qué riesgos entrañan las llamadas políticas de "memoria democrática" del Gobierno y ese "el franquismo no fue tan malo" de la extrema derecha?

—Lo deseable es que la guerra nos la cuenten los historiadores, y no los políticos. Porque la guerra que nos están contando la extrema izquierda y la extrema derecha es una barbaridad. ¡No han leído nada! ¡Van por ahí repitiendo las consignas analfabetas que les escriben! Quiero que la guerra la cuenten Enrique Moradiellos, Julián Casanova, Juan Pablo Fusi y todos los grandes historiadores, de sensibilidades distintas, que tiene este país.

—¿Tienen los jóvenes con qué defenderse de esas dos visiones sesgadas de la guerra que se imponen en el debate público?

—Los muchachos de hoy, por lo general, en su mayoría, están muy cerca de las pantallas y muy lejos de las bibliotecas. No tienen libros ni memoria viva con la que defenderse. Porque los últimos testigos se están muriendo. Les dicen cuatro lugares comunes: Franco malo, la República un paraíso increíble; la guerra propiciada por cuatro generales y cuatro curas.

—Lo dice con pesar, pero no me negará que le produce un gran placer que le critiquen la extrema izquierda y la extrema derecha. Es como pasar la ITV.

—Sí, es cierto que eso, a la larga, fue lo que más me tranquilizó cuando salió el libro. Y me produjo un retorcido placer.

—Hay una paradoja curiosa: en la generación que sufrió e hizo la guerra, existen grandes referentes morales. Chaves Nogales, siempre en la ecuanimidad correcta. Dionisio Ridruejo, con el mayor descargo de conciencia que ha conocido España en el último siglo. El Manuel Azaña arrepentido de sus últimas páginas con el "paz, piedad y perdón". ¿Cómo es posible que no haya hoy referentes morales políticos para hablar de la guerra?

—La Guerra Civil estaba neutralizada en la Transición. Quedó digerida, a grandes rasgos, lo que podríamos llamar la memoria. Digo la "memoria" porque es cierto que faltaba la exhumación de las cunetas. Pero cuando un partido político carece de una base intelectual sólida, cuando necesita argumentos fáciles y de trinchera, ese partido es capaz de utilizar cualquier cosa contra el adversario. Zapatero desenterró la Guerra Civil como arma política. Y hoy ese comodín también es utilizado por la extrema derecha. Convertir la guerra en arma arrojadiza hoy es tremendamente infame. Y lo hace gente que no la ha vivido, gente que no ha leído nada sobre eso. Es terrible. Esa tragedia empezó con Zapatero.

—Dice que no han leído nada. ¿Cuáles son, a su juicio, los libros imprescindibles sobre la Guerra Civil?

—Muchos. Es difícil quedarse con unos pocos. Déjeme pensar… 'A sangre y fuego', de Manuel Chaves Nogales, como representante de la tercera España. 'Madrid, de corte a checa', de Agustín de Foxá; y 'La fiel infantería', de Rafael García Serrano, con una visión falangista. 'La forja de un rebelde', de Arturo Barea; y 'Contraataque', de Ramón J. Sender, con una visión republicana. Creo que con esos cinco libros un lector puede tener un panorama bastante amplio de lo que fue la Guerra Civil.

—¿Qué pasa con los libros de los corresponsales? Hemingway le gusta, pero detecto que le cabrea. Le mete varios viajes.

—Huelga decir que Hemingway es un escritor enorme, poderosísimo. Y que me gusta mucho. Pero siempre tengo con él cuentas pendientes. Lo sigo leyendo con gran admiración, ¿eh?

—Pero hay algo que no le gusta. Oiga, que Falcó, su personaje de otra saga, le pega un palizón en una de las novelas.

—No me gusta la fanfarronería de Hemingway. Iba por ahí, por los hoteles de la Gran Vía, dando lecciones a los españoles sobre cómo hacer la guerra. Joder, si hasta se le ve en una foto enseñándole a un tío cómo utilizar un fusil. Creo que era mal amigo, mala persona y un bocazas.

—"Mal amigo" lo dice por Scott Fitzgerald.

—Sí. Hemingway, al mismo tiempo que se construía como mito, fue humillando y desprestigiando a Fitzgerald. Además, utilizando miserias personales. ¿Sabe, en el fondo, lo que más me molesta de Hemingway en la Guerra Civil? ¡Que yo sé muy bien a qué vino Hemingway a España!

—Porque usted también lo hizo en las guerras que visitó.

—Claro. Sé lo que es ser corresponsal en una guerra así. Llevas pasta, bebes, te diviertes, descargas adrenalina, hay chicas guapas… Y mientras tanto, lo que sucede no compromete a tu país, al país de tus hijos. A veces ni siquiera a tu continente.

—¿Usted llegó a despreciarse en ese sentido como desprecia a Hemingway?

—Sí. Llegas, te lo pasas bien, haces la foto, les das un cigarrillo y te marchas porque tienes un billete de avión y ya has terminado tu trabajo. Conté muchos detalles de esa vida en 'Territorio comanche'. Lo que pasa es que Hemingway se engrandecía a sí mismo continuamente. Y eso me repatea. Aunque lo admiro mucho como escritor.

—¿Hemingway fue honesto? ¿Los corresponsales eran honestos o también parciales?

—Hemingway calló mucho. Los otros, en su mayoría, también. Veían las cosas con más distancia y, por tanto, con más ecuanimidad, pero callaban por no perjudicar al bando en el que iban enrolados. Hemingway supo que el intérprete de Dos Passos fue torturado. También supo lo del asesinato de Andreu Nin. Y nunca lo escribió.

—Hay un personaje de su novela, Ginés Gorguel, un soldado de infantería que combate con los franquistas por obligación, que me recuerda a José de Arteche; autor, en mi opinión, del mejor libro sobre la guerra: 'El abrazo de los muertos'. Un nacionalista vasco, profundamente católico, que combatió por obligación con los franquistas. Es un diario formidable.

—Sí. Ginés Gorguel es un gran ejemplo para ilustrar esto de lo que estamos hablando: cómo cambia la guerra cuando se coloca el prisma en la línea de fuego, lejos de la retaguardia. Cómo vuelan por los aires los esquemas cuando se aplica el zoom a la trinchera.

—El prólogo a la edición especial de su novela se titula 'La guerra que todos perdimos', la frase en el ojo del huracán. Explíquelo para que conste en acta.

—La guerra, en 1939, la perdieron los republicanos y la ganó Franco. Eso está claro. Le decía antes: también está claro que había un bando legítimo, que era la República, y otro ilegítimo, que fue el franquista. Pero la guerra, además, la perdimos todos los españoles que fuimos llegando, independientemente de sus ideas. Porque perdimos libertades, retrocedimos medio siglo, perdimos una república. La mujer retrocedió medio siglo. La guerra dejó a España fuera de hora, anclada en el pasado y eso afectó a todos los españoles.

—En las mujeres, en el lado republicano, había una conciencia muy a largo plazo por todo lo que podían perder. Y lo perdieron. Por eso crea a Pato, que integra esa unidad de transmisiones.

—Ellas supieron ver que, en esa guerra, se jugaban a largo plazo los avances que habían conseguido. Sabían que, si perdían, las convertirían en esposas sumisas, como así sucedió. Intentaron jugar su papel, sobre todo en el lado republicano, pero pronto se las sacó del frente. Las convirtieron en un elemento folclórico. Consideraron que generaban más inconvenientes que ventajas. Me tomé la licencia de crear esa unidad de transmisiones que usted menciona para que un grupo de mujeres pudiera cruzar el Ebro con los militares. Así, llevaba a la mujer a primera línea y contaba su historia sin folclorismo, lejos de ese retrato tan poco serio que hicieron 'Life' o 'Paris Match'. Quería devolverles la dignidad que esas operaciones de propaganda les quitaron.

—Hay un momento sobrecogedor en que un personaje dice: "Oyes al enemigo llamar a su madre en el mismo idioma que tú y se te enfrían las ganas". Pero, al final, no se enfriaron las ganas. Esa es la tragedia de las guerras civiles.

—Sí. Eso se lo dice un dinamitero a su amigo. Es verdad que, en general, las ganas no se enfriaron. Y fue una catástrofe. Pero hubo momentos en que esas ganas sí se enfriaron. Momentos muy emocionantes. Por ejemplo, en las trincheras de Huesca. Esto me lo contó Juan, un veterano que combatió del lado franquista. A su hermano le había tocado ir al frente en el lado republicano. Con el frente estabilizado, empiezan a insultarse unos y otros, de trinchera a trinchera. Se cantan coplas. Un día, desde la trinchera republicana, alguien pregunta si al otro lado combate alguno de su pueblo. Juan responde dando su nombre y oye una voz que le grita: "Juanito, soy Pepe, tu hermano". Los dos prometen a sus superiores que no van a cruzar al otro lado y obtienen, bajo juramento, permiso para verse unos minutos. Se juntan allí, junto a una casa o un muro derruido. Se abrazan, fuman juntos y se despiden. Tardarían siete años en volver a verse.

—Es cada vez más complicado escribir novelas sobre el frente porque las que quedan como inspiración son muy buenas, pero son de parte: Sender, Aub, García Serrano… Y porque se van muriendo los últimos soldados. Estamos en 2026. La quinta del biberón ya es centenaria; tienen hoy, si quedan lúcidos, 105 o 106 años.

—Algunos de esos soldados republicanos, también los carlistas, iban hasta el camión acompañados de su madre, con un bocadillo. "Adiós, hijo, abrígate. Te he puesto una bufanda y un bocadillo".

—Como en la obra de teatro de Arrabal, 'Pic-Nic', donde unos padres van al frente a hacer picnic para poder ver a su hijo.

—Una buena sátira que da cuenta de lo que sucedió. ¡Es que eso fue la guerra!

—Volvamos a la documentación. Le preguntaba por los materiales que han nutrido la novela.

—Primero, yo me nutrí mucho de lo documental: prensa, libros, papeles… Después, de mi experiencia como reportero cubriendo guerras civiles. Y, por último, de las conversaciones que pude mantener, habiendo pasado ya mucho tiempo del 36, con algunos soldados. La corresponsalía, la literatura y la memoria.

—¿También hubo una parte técnica? El frente es más complejo de describir, en ese sentido, que la retaguardia.

—Me hice con manuales técnicos de armamento, compré armas de época, me prestaron otras… Pero es interesante lo que mencionaba usted antes de la memoria. Sí, efectivamente, volviendo a la pregunta de antes, cuando no queda testimonio, la ideología campa a sus anchas. ¡Un tuit de Pablo Iglesias o de Abascal tiene más influencia sobre el relato de la guerra que un libro de Moradiellos o Casanova! ¿Cuántos de todos estos políticos tuiteros de los que hablamos han leído los libros imprescindibles sobre la guerra?

—Hablemos de la propia guerra, de su desenlace. ¿La República, que tuvo al inicio más territorio y más tropas, se desmoronó por las revoluciones dentro de la revolución?

—Sí. En el bando franquista, había una disciplina militar absolutamente estricta. Mandaban los generales de África, impusieron una jerarquía implacable y dejaron claras desde el primer momento sus reglas del juego: exterminio del adversario y terror en retaguardia para que no hubiera riesgos. Concibieron la guerra como una operación quirúrgica. Ganaron con una serenidad implacable, con un tesón militar tremendo. Con la imposición de lo militar sobre lo político en todo momento.

—Y al otro lado, en la República, pronto comenzó a extenderse el caos.

—En la República, ese caos, esos enfrentamientos internos, fueron minando la disciplina. ¿Recuerda usted lo de Azaña?: "Pruebe usted a gobernar rodeado de imbéciles". Los socialistas, los anarquistas, los nacionalistas… Se dedicaron a hacerse la puñeta. Fue un viva la virgen. Sufrieron una revolución dentro del propio bando.

—Ha dicho alguna vez que le resultó desolador el estudio de las operaciones militares de la República.

—Sí, porque, inmerso en eso, uno ve la inutilidad del sacrificio, de tantos hombres muertos, de tanta carne quemada en operaciones que no estaban coordinadas ni iban dirigidas a un mismo fin.

—Son muy ilustrativas las instrucciones del general Mola, anunciando el terror y la muerte para quien no acatara la disciplina. Pero, ojo, porque Franco también tuvo dentro sus intentos de revolución.

—Sí, el caso de Manuel Hedilla, el falangista que no compartía lo que estaba sucediendo y al que encarcelaron. Hubo represión inmediata contra esos falangistas. Después, los requetés se sintieron engañados. Franco se apropió de todos los elementos revolucionarios que había a su alrededor. Los fagocitó.

—De hecho, Franco fue el último general en sumarse al golpe, para la exasperación de Mola.

—Franco, en ese momento, no tenía ninguna ideología. Se apropió de todo, lo fagocitó todo y lo puso al servicio de un gran aparato militar. La idea de España como un cuartel enorme. Por eso no le interesaba que sobreviviera José Antonio Primo de Rivera.

—Si hubiera sobrevivido Primo de Rivera, que propuso desde la cárcel un pacto con la República, ¿habría habido dictadura de cuarenta años?

—No lo sé. Quizá España habría sido distinta, pero puede que José Antonio nos hubiera metido en la Segunda Guerra Mundial al tener una afinidad mayor con el fascismo.

—Suele decir usted: "Nadie que haya leído historia de España puede ser optimista con el presente y el futuro". ¡Es usted como los de la generación del 98! ¿Ni un signo para la esperanza?

—No voy a responder a esa pregunta.

https://www.elespanol.com/espana/politica/20260412/perez-reverte-lanza-guante-guerra-diferencia-moral-muchacho-murio-gorrillo-republicano-boina-requete/1003744196264_0.html

31 marzo 2026

De nuevo 'Línea de fuego'

Ricardo Gil Otaiza – que-leer.com – 31/03/2026

Con motivo de los 90 años de la Guerra Civil, la editorial española Alfaguara acaba de relanzar una obra emblemática: se trata de la novela ‘Línea de fuego’ (2026), de Arturo Pérez-Reverte (cuya salida en el 2020, en plena pandemia, concitó una crítica favorable unánime y por la que recibiera el autor el Premio de la Crítica 2020 a la mejor obra narrativa en castellano, al representar, en palabras de la propia editorial: “…una obra esencial para conocer el conflicto que marcó el devenir de la España contemporánea.”

En esta nueva oportunidad, la obra sale en un estupendo estuche que engalana, sin más, la denominada Edición Conmemorativa (a casi seis años de su primera salida) y en la que se conjunta también un libro en homenaje a la novela (de 91 páginas), en el que el lector hallará un importante material complementario que contextualiza a la obra, y en el que el propio autor habla en un apartado que titula “La guerra que todos perdimos” de los intríngulis de la misma, de su recepción ante la crítica, del nacimiento de un libro que rinde honor a los caídos de ambas trincheras, sin importar si eran rojos o nacionales, porque en ambas hubo valor y heroísmo, sacrificio y tragedia, dolor y muerte y lo dice un autor con una vasta experiencia de veintiún años como reportero de guerra en distintos contextos, y, además, como si fuera poca razón, se aúna el que su abuelo, un tío y su padre lucharon en la Guerra Civil en el bando de la República.

En este libro homenaje hallamos también un texto de Enrique Moradiellos, que se titula ‘Línea de fuego y el arte de representar literariamente una guerra civil’, en el que se resalta a la novela como a una obra de ficción levantada sobre sólidas bases historiográficas, y en la que se revela un profundo conocimiento por parte del autor de la dinámica de una contienda, y que toma a la batalla del Ebro como epicentro o suceso crucial de la Guerra Civil, desplegando en los bandos unos personajes verosímiles, objetivables y muy humanos, que sufren los avatares de una contienda en la que muchas veces se enfrentan familiares y amigos, vecinos y conocidos: todos hermanados por la tierra que los vio nacer, pero que, por circunstancias azarosas del destino, se ven impelidos a combatir en trincheras distintas para así convertirse en enemigos irreconciliables.

En este apartado, Moradiellos nos advierte de algo que es fundamental en la comprensión de una obra como Línea de fuego de Pérez-Reverte, y es que la ficción no compite con la verdad histórica, sino que la complementa, recrea ambientes y escenarios, articula diálogos y pensamientos, evoca momentos importantes y lleva a los lectores a “vivir” y a recrear en su mente aquello que lee, con gozo o con espanto, con dolor o con alegría, con duda o con certeza, porque este es el fin de lo literario: hacer de un hecho (en este caso histórico) algo verosímil desde las páginas de un libro, que es en sí mismo arte narrativo.

Le sigue a este apartado ‘Acercando el zoom a la gente: La creación de ‘Línea de Fuego’’, en el que se nos muestra el devenir literario del autor, sus libros más emblemáticos, así como la “semilla” que germinaría con una obra de gran densidad literaria como la que nos ocupa, los constituyentes del libro (tres partes, dieciocho capítulos y ciento cuatro escenas, más un epílogo), y se pasa al desglose de sus 682 páginas: personajes, la ofensiva y la defensiva, el Ebro (escenario central de la obra, como queda dicho), el perfil de los combatientes, algunos detalles destacables del gran contexto libresco, así como los temas que lo circunscriben, cito: “la crueldad de los combates, las peligrosas divisiones en el bando republicado, el papel de la mujer, la participación de las Brigadas Internacionales, el drama de la Quinta del Biberón, la represión, la prensa extranjera… y también algún ejemplo de humanidad y hasta confraternización en medio del peor tipo de guerra, la que enfrenta a amigos y familiares”.

Se agregan también los siguientes textos: ‘Nadie que haya estado en un frente de batalla es vencedor: el encuentro con la prensa y los lectores’; ‘Del Premio de la Crítica a las fotos de familia: la huella de Línea de fuego’; ‘Conversación de Arturo Pérez-Reverte con Sergio Vila-Sanjuán’ (octubre de 2020) y ‘La crítica ha dicho…’.

En este último aparte aparecen compendiadas las opiniones y las críticas que recibió la novela, tanto dentro como fuera de España: Raúl del Pozo (‘El Mundo’), Sergio Vila-Sanjuán (‘La Vanguardia’), Jesús García Calero (‘ABC’), David Barreira (‘El Español’), María José Solano (‘Publishers Weekly en Español’), Antonio Lucas (‘El Mundo’), Julián Navarro (Europa Press), José María Pozuelo Yvancos (‘ABC’), Juan Gómez-Jurado (‘El Correo’), Karina Sainz Borgo (Vozpópuli), Santos Sanz Villanueva (‘El Cultural’), Javier Ors (‘La Razón’), José Manuel Ruiz (‘GQ’), Alberto Olmos (‘El Confidencial’), Fernando Baudet (‘La Opinión de Málaga’), Antonio Pérez Henares (‘El Día de Valladolid’), Andrés Chaves (‘Crónicas de Lanzarote’), Rafael Fuentes (‘El Imparcial’), Pedro G. Cueto (‘Diario de Córdoba’), Julio Patán (‘El Heraldo de México’), Fernando Alonso Ramírez (‘La Patria’ – Colombia), Antonio Galindo (‘Diario de Sevilla’), Mariela Sagel (Embajadora de Panamá en España, ‘La Estrella’ – Panamá), Juan Carlos Botero (‘El Espectador’ – Colombia), Jorge Fernández Díaz, Francesco Musolino (‘Il Foglio’ – Italia), Rosa Martí (‘Esquire’), Jacinto Antón (‘El País’), Juan Eslava Galán y Edu Galán (‘La Nueva España’).

Siempre de la mano de Alfaguara tenemos de nuevo la inmensa oportunidad de acercarnos a ‘Línea de fuego’, de Arturo Pérez-Reverte, en edición tapa dura y con su tomo complementario, lo que, a los 90 años de la Guerra Civil española, representa una estupenda ocasión para, desde la ficción (en la que el autor es un reconocido maestro), poder comprender uno de los más emblemáticos acontecimientos de la España del último siglo, que se hundió desde entonces en una conflagración dura, sangrienta y fratricida, y cuyas huellas y secuelas hoy se estudian y son, qué duda cabe, espacio para el espanto y también para el dolor.

https://www.que-leer.com/2026/03/31/de-nuevo-linea-de-fuego/

11 febrero 2026

La Guerra Civil de Arturo Pérez-Reverte

Ángel Peña - The Objective - 10/02/2026

«Los dos jóvenes apoyan otra vez los fusiles en el árbol, se sientan a la sombra y terminan de liar los cigarrillos. Zumban los mosquitos y suena el chirriar confiado de las cigarras». Así termina Línea de fuego. No es el peor spoiler de la historia. Podríamos ir unas páginas más atrás para averiguar en qué bando luchaban los dos jóvenes, pero prefiero hacer otro spoiler, este más personal: tras 675 páginas de infierno, me da igual si son fascistas o rojos, republicanos o nacionales, solo quiero que esos dos jóvenes y todos los demás personajes de la novela y de más acá de la novela salgan de una vez de esa inmensa mierda que, al parecer, algunos prefieren infinita, y puedan hablar de ella serenamente, como algo que ya fue y no debe volver a ser jamás.

Arturo Pérez-Reverte publicó 'Línea de fuego' en octubre de 2020. Vendió muchos ejemplares, como es habitual en él, y ganó el prestigioso Premio de la Crítica, algo menos habitual. Ya explicamos en su momento cómo y por qué quiso retratar el autor nuestro gran trauma nacional desde las trincheras, tal y como la vivieron (y, sobre todo, la murieron) sus verdaderos protagonistas, los combatientes. Otra cosa, deja muy claro el libro, era la retaguardia. Era, es y probablemente seguirá siendo.

La editorial Alfaguara publica ahora una edición especial «en conmemoración del 90 aniversario de la Guerra Civil». No es un aniversario demasiado redondo, pero la polémica por el aplazamiento de unas jornadas en Sevilla sobre la Guerra Civil le ha proporcionado una relevancia bastante significativa. 

La edición se vende en un estuche que incluye la novela y un libro de 91 páginas con abundante material extra. Arranca este último con un breve texto del propio Pérez-Reverte que lleva por título el mismo que las famosas jornadas interruptus de Sevilla: La guerra que todos perdimos. Siguen un detallado análisis por Enrique Moradiellos sobre «el arte de representar literariamente una guerra civil», una amplia «conversación» del autor con Sergio Vila-Sanjuán en octubre de 2020 y una abundante documentación sobre la creación de la novela y, sobre todo, su recepción, con resúmenes de una buena cantidad de reseñas en prensa.

Lo más llamativo, por supuesto, y más después del follón de Sevilla, es el texto del propio autor. Dice: «Han pasado casi seis años desde que se publicó esta novela en España, y eso me da tiempo suficiente para comprobar sus efectos. Que han sido interesantes, incluso educativos para mí. Los lectores respondieron con su habitual generosidad y eso aumentó mi larga deuda con ellos. También las reseñas críticas en páginas y suplementos culturales fueron casi todas favorables, para mi sorpresa. Y esta sorpresa se vio aumentada por la concesión del Premio de la Crítica, inesperado por la rareza de un reconocimiento unánime en lo que a mis novelas se refiere». ¿Intuyó, o quiso intuir, Pérez-Reverte que ya se podía hablar civilizadamente de la Guerra Incivil, que diría Unamuno?

No seamos ingenuos. Evidentemente, tenía sus dudas. Sigue el texto: «El casi […] se debió a un único reseñador, en el suplemento cultural de un importante diario de edición nacional». Aunque admite que las críticas favorables son «gajes del oficio», dice Pérez-Reverte que recuerda esa «por su carácter pintoresco, que precisamente desnuda la principal razón por la que escribí 'Línea de fuego'. Afirmaba el crítico […] —en ese momento máximo responsable de cultura del diario— que contar una batalla de la Guerra Civil desde ambos bandos tratando con idéntica objetividad a unos y otros combatientes era favorecer al bando llamado nacional, o franquista».

Y entonces dispara: «En la nuestra y en todas las guerras civiles que en el mundo han sido, una cosa es la bondad o maldad de las ideas, las causas, las motivaciones que desde arriba enfrentan a los bandos y llevan a la gente a matarse entre ella, y otra muy distinta la realidad que abajo, en las trincheras, en los campos de batalla, viven seres humanos obligados a luchar y morir por ideas propias —una minoría, y eso no me lo ha contado nadie—-, por azar o por simples circunstancias».

En la novela, el soldado Panizo reivindica una ética de la guerra: «Yo mato fachistas, no los asesino […] Para eso están los hijos de puta de nuestra retaguardia… Los milicianos que defienden a la República en los burdeles y los cafés». Y en el texto de cuatro años después, continúa Pérez-Reverte: «Y mientras como ocurrió en nuestra Guerra Civil las retaguardias son coto de caza de manipuladores, oportunistas. Canallas y asesinos, en los frentes de batalla, en la línea de fuego propiamente dicha, las cosas varían. En ese mundo que llegué a conocer muy bien no sirven los discursos moralizantes; lo que allí importa es la manera en que los seres humanos afrontan el sufrimiento, el horror y la muerte, y también cómo se manifiestan la crueldad y la compasión, la cobardía y el heroísmo, la bajeza y la decencia».

Seres humanos que, mientras están allí, se dedican a perder. Muchas veces la vida, siempre la paz. Pérez-Reverte presenta sus credenciales para contarlo: «Veintiún años como reportero en conflictos armados y nuestra tragedia civil contada por quienes la protagonizaron —mi abuelo, mi tío y mi padre lucharon por la República— me dan cierta autoridad para afirmar lo que afirmo».

Y entonces remata: «¿En serio puede haber imbéciles capaces de comparar a los soldados del frente con los políticos y generales de uno y otro signo, o con la chusma criminal que, emboscada en las respectivas retaguardias, robó y asesinó con impunidad, llenando de cadáveres cementerios y cunetas que las familias de unos exhumaron apenas vencieron y las de otros tardaron medio siglo en poder recuperar?»

Todo apunta a que la reseña a la que se refiere es la de Jordi Gracia en el suplemento 'Babelia' de 'El País', titulada: 'La Guerra Civil de Pérez-Reverte, demasiada pedagogía'. Curiosamente, Gracia acaba de publicar en el mismo medio una reseña del último libro del gran antagonista de Pérez-Reverte en la polémica de Sevilla. El titular: 'El Premio Nadal de David Uclés: un pastiche plano, mohíno y desaborío'. Gracia, autor de artículos tan literarios como 'Franco se le hace bola a Feijóo (y a Ayuso)' o 'Los medios de derechas y el cuento de la neutralidad', no había reseñado en 'Babelia' ninguno de los cinco premios Nadal anteriores. Este sí. ¿Equidistancia de última hora con el woke cancelador de capa caída por el hartazgo generalizado del personal?

Aunque también hay quien aprecia algo parecido a la inquina hacia cierto grupo editorial: véanse las reseñas de Gracia a los tres últimos premios Planeta (aquí sí que repite…): 'Vera, una historia de amor, de Juan del Val, ganadora del premio Planeta: una insipidez pavorosa', 'Victoria, de Paloma Sánchez-Garnica: un Planeta plagado de almíbar, trufado de tragedias y sin literatura', 'Las hijas de la criada: el fallido folletín de Sonsoles Ónega y la autoinmolación del Premio Planeta'. Para la edición anterior, la de 2022, prefirió unir las críticas del ganador y el finalista bajo el título 'La inanidad del Premio Planeta'. Que sí, que literariamente los Planeta tienden últimamente al pestiño más lamentable. Pero… ¿Por qué se tortura Gracia leyéndolos con tanto detenimiento?

Que cada cual haga sus ecuaciones y despeje la equis que le dé la gana.

Unas páginas más adelante en el libro conmemorativo, mediada la conversación con Vila-Sanjuán, Pérez-Reverte abre el objetivo para abarcar un panorama más general: «Esa necesidad tan española de trazar líneas, blanco y negro, rojo y azul, esa vil, infame y a menudo peligrosísima facilidad española para decir ‘nosotros y ellos’ y negar al adversario cualquier virtud y aceptar todo lo de tu bando como bueno es lo que más me crispa, enfada y enfurece, porque linda con la estupidez. Eso es ya o fanatismo o estupidez, y a veces las dos cosas. El peor enemigo de la humanidad no es el mal, insisto, es el fanatismo y la estupidez, sobre todo cuando se alían».

Ya metido en materia, Vila-Sanjuán arranca lo, quizá, más parecido a una adscripción ideológica que se le puede arrancar a Pérez-Reverte: el chaveznogalismo. Cuando menciona a Chaves Nogales, el autor de Línea de fuego salta como un resorte: «Es paradigmático porque, siendo un hombre de izquierdas y un republicano que se esfuerza y trabaja para la República, al final se horroriza tanto de unos como de otros, y dice: ‘Tanto miedo me daban los asesinos del tercio como los analfabetos criminales milicianos’. Se va horrorizado y asqueado y dice: ‘Da igual el que gane, habrá un dictador en España’. Ese hecho no le fue perdonado ni por unos ni por otros. Por eso fue tan apartado. Me di cuenta de que era uno de los nuestros. Uno de los míos. Uno de los que me ayudaban a entender. No generaba rencor y odio, sino comprensión y terror, y espanto ante la barbarie. Me enamoré de él, hice artículos sobre él, y poco a poco los chavesnogalianos nos fuimos reconociendo unos a otros».

Hay mucho más en ese libro conmemorativo que acompaña la nueva edición de 'Línea de fuego', pero hace ya rato que pasé de las 600 palabras. Concluyamos que propicia un completo y fructífero acercamiento a una novela que ya adquirió un tamaño importante en su momento —recuérdese esa «unanimidad» del Premio de la Crítica—, diría que incluso lo dejaba bastante próximo a un hipotético concepto de Novela sobre la Guerra Civil por antonomasia de este tramo ya avanzado de siglo XXI. Vila-Sanjuán apunta que el conflicto «cada cierto tiempo da un gran superventas. En la época de Franco fue Gironella, en el año 2001, Cercas…» ¿Algo parecido a la etiqueta de Gran Novela Americana unánimemente aceptada por los estadounidenses (de cualquier ideología), que necesitan expresar las nuevas formas en que su identidad es puesta en peligro una y otra vez por ciertas desmesuras… y rescatada por las mismas virtudes de fondo?

La identidad española parece encallada en cierto cainismo, y el autor que intenta apuntar a un posible rescate en forma de lucidez suele recibir más palos que zanahorias. Pérez-Reverte le explica a Vila-Sanjuán que, durante mucho tiempo, la Guerra Civil no le interesaba «como materia principal narrativa porque pensaba, justamente, que ya había sido muy, y además muy bien escrita». Pero, «al ver el discurso que se está planteando en los últimos tiempos, que ha muerto la gente que fue testigo de aquello y que sólo queda el discurso ideológico, pero ya no los testimonios que permiten templar la ideología, pensé que sería incluso útil escribir esta novela. Para mí, por supuesto, porque quería ordenar un par de ideas, y también quizá para los lectores. Creo que era el momento. Dije: ‘Ahora sí’, y me puse a ello».

Y en ello estamos.

Los movimientos telúricos que dieron lugar al terremoto de Sevilla parecen indicar que esta novela ha tocado una placa tectónica clave de nuestra identidad. Para bien o para mal, signifique una cosa u otra, lo más lógico quizá sea realizar el extravagante esfuerzo de leerla.

https://theobjective.com/cultura/literatura/2026-02-10/guerra-civil-arturo-perez-reverte/